La reconstitution, qui aurait dû avoir lieu en février, s'est déroulée dans un climat serein, a indiqué l'avocat. Jozef Chovanec est décédé le 27 février 2018 à l'hôpital Marie Curie de Charleroi où il avait été transféré à la suite d'un malaise cardiaque survenu le 24 février vers 5h00. Ce citoyen slovaque, pris de délire, a été maîtrisé de manière brutale dans une cellule de l'aéroport de Charleroi où il avait essayé d'embarquer dans un avion le ramenant dans son pays. Il a subi un plaquage ventral pendant de longues minutes, la tête enveloppée dans une couverture avant de recevoir l'injection d'un calmant. Les agents souriaient, une policière a même fait un salut nazi.

La reconstitution des faits, initialement prévue en février dernier, avait été reportée à la suite des mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus. La scène de l'intervention policière sur le tarmac a été reconstituée lundi. Jozef Chovanec avait été maîtrisé par les forces de l'ordre à la porte de l'avion à la suite de l'absence de titre de transport pour monter dans l'appareil afin de rentrer dans son pays natal. "Manifestement, cette reconstitution était bien organisée et préparée. C'est important en tant qu'avocat de participer à cette reconstitution pour s'imprégner de l'ambiance des lieux au moment des faits. C'est utile pour l'avocat de bien comprendre la position des uns et des autres et de la tension présente ce jour-là", a encore dit Me Wilmotte.

La seconde journée de reconstitution, qui aura lieu mardi, sera consacrée aux événements qui se sont produits à l'intérieur de la cellule. Emmené dans un des cachots de l'aéroport, Jozef Chovanec se frappe d'abord la tête une quarantaine de fois contre un mur. En sang et très agité, il est ensuite maîtrisé fermement par les forces de l'ordre. La scène, filmée, mais sans son, montre qu'un des agents immobilise l'individu à l'aide de son genou pendant plus de 15 minutes. Alors que Jozef Chovanec est tenu, pieds et mains liés par des colsons, une policière fait un salut nazi, d'autres rigolent et sourient. Après plusieurs heures d'intervention, un médecin, appelé sur place, injecte au Slovaque un produit calmant.

Cette seconde journée pourrait être la plus importante de la reconstitution. "Disons qu'en ce qui me concerne les choses sont suffisamment claires. Mais il est important de contextualiser cette scène et de bien ressentir ce que les personnes intervenues pour aider Mr Chovanec ont ressenti", a souligné Me Wilmotte.