"Je confirme le versement de cette expertise stylométrique au dossier", a indiqué à l'AFP, sans plus de précisions, le procureur général de Dijon Thierry Pocquet du Haut-Jussé, confirmant ainsi une information de la radio France Info.

La stylométrie, déjà utilisée dans les tribunaux américains mais pas français, étudie le vocabulaire, les structures syntaxiques, la longueur des phrases... afin de déterminer l'auteur d'un texte. Cette expertise a été réalisée en Suisse et vise à identifier le ou les corbeaux qui avaient écrit des lettres anonymes menaçant les parents du petit Grégory, retrouvé à 4 ans pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

Cinq corbeaux, mais un principal?

Selon les informations que le site 20minutes.fr a pu se procurer, il semblerait qu'il n'y ait pas un, mais bien cinq corbeaux différents mêlés à cette affaire. Cette nouvelle information apporterait donc de l'eau au moulin de ceux qui pensent que le meurtre du petit Grégory a été organisé par plusieurs personnes. Parmi les cinq corbeaux, un nom reviendrait plus souvent que les autres, celui de Jacqueline Jacob, la grand-tante du petit garçon. Celle-ci aurait signé pas moins de 7 courriers sur les 24 reçus, dont la lettre de revendication du crime. Interrogé par le média, l'avocat de la principale intéressée est apparu en colère. "Les précédents rapports en graphologie ont proposé des conclusions totalement différentes", déplore-t-il.

Le quotidien Le Parisien avait affirmé en décembre que le nouveau rapport d'expertise avait permis d'identifier une personne, sans la nommer.

En 2017, des expertises en graphologie, qui elles analysent les écritures manuscrites, avaient déjà attribué une lettre de 1983 à Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory. Elle et son mari Marcel avaient été mis en examen mais cette procédure avait été annulée en mai 2018 pour vice de procédure.

Les époux avaient une nouvelle fois nié, dans un entretien à la presse locale en janvier, être les corbeaux. 

L'affaire Grégory, instruite à la cour d'appel de Dijon, a été récemment relancée, la justice ayant accepté en janvier de nouvelles expertises ADN demandées par Christine et Jean-Marie Villemin. Il s'agit en particulier de recherches en "ADN de parentèle", méthode qui permet de relier une empreinte génétique avec d'autres, issues de la même parenté, afin d'en vérifier la conformité avec celles présentes dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). La méthode "parentèle" a permis de résoudre ces dernières années plusieurs "cold cases" (affaires classées), notamment le dossier Élodie Kulik, violée et assassinée en 2002.

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