Faits divers

Johan D.V., le suspect majeur dans l'affaire de la mort de Priscilla Sergeant, 14 ans, en 2012 à Huizingen (Brabant flamand), pourrait tout de même être poursuivi pour torture. 

Le parquet de Hal-Vilvorde voulait poursuivre l'homme pour traitement inhumain ayant entrainé la mort, coups et blessures volontaires et attentat à la pudeur. Il a toutefois été également question de torture mardi devant la chambre du conseil de Bruxelles, qui a reporté le dossier au 7 mars. Priscilla Sergeant, 14 ans, habitant Huizingen, avait été retrouvée morte le 20 juillet 2012 dans un champ à Tourneppe (Dworp). Le 16 août, trois suspects avaient été appréhendés: Johan D.V. (46 ans), J. (12 ans au moment des faits) et A. (16 ans au moment des faits). Ils avaient soumis la victime à un traitement dégradant pendant des heures au domicile de Johan D.V. et avaient ensuite caché le corps.

Le quadragénaire avait été placé sous mandat d'arrêt tandis que les deux mineurs s'étaient retrouvés en institution. A. avait d'abord séjourné à Everberg puis à Mol, alors que J. a passé quelques temps à Ruiselede. A l'automne 2013, les deux jeunes ont été placés dans un centre de guidance tandis que Johan D.V. est libre depuis la mi-février grâce à une erreur de procédure.

Le parquet veut désormais renvoyer le quadragénaire devant le tribunal correctionnel pour traitement inhumain ayant entrainé la mort, coups et blessures volontaires et attentat à la pudeur. La chambre du conseil de Bruxelles devait se pencher sur le dossier mardi mais au cours de l'audience a soudainement été soulevée la question d'une poursuite pour torture. La défense de Johan D.V. a demandé de pouvoir rédiger des conclusions sur ce point. La chambre du conseil a dès lors reporté l'affaire au 7 mars.

Les avocats des parties civiles, soit des parents et de la demi-soeur de Priscilla Sergeant tout comme ceux de Johan D.V. se sont dits déçus du nouveau report.

"Le dossier est de nouveau reporté de quelques mois, je doute que le tribunal correctionnel puisse se pencher sur l'affaire en 2017", a réagi Me Gert Warson, l'avocat du suspect. "C'est dommage que tout le monde ne comprenne pas que mon client n'a pas causé la mort de Priscilla. Même le ministère public dit que les trois suspects ont laissé l'adolescente dans un état de somnolence mais en vie et qu'elle n'a été retrouvée morte que le lendemain matin. Je ne vois pas non plus comment le harcèlement aurait pu mener à sa mort."

Le 21 septembre, les deux suspects mineurs ont, eux, été renvoyés par le juge d'instruction devant le tribunal de la jeunesse. J. doit y répondre des mêmes accusations qu'à l'encontre de Johan D.V. tandis que A. n'est, lui, pas accusé d'attentat à la pudeur.