Faits divers Le parquet a requis des peines de 15 et 18 ans minimum.

"Papa m’a photographiée toute nue. Il m’oblige à sucer son zizi."

Ces mots ont été écrits sur un bout de papier par une petite fille de 9 ans. Lorsque sa mère l’a découvert, elle s’est précipitée en pleurs à la police pour dénoncer Guy W., son mari domicilié à Sivry-Rance.

Cela faisait un temps qu’elle faisait chambre à part avec ce dernier, vu les sodomies brutales qu’il lui imposait. Mais jamais elle n’aurait imaginé qu’il se rabattrait sur ses propres enfants pour assouvir ses pulsions perverses.

Car lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert une horrible collection de plusieurs dizaines de milliers de fichiers photos et vidéo mettant en scène Guy et une série de mineurs issus de son giron familial. On y trouvait aussi Sandrine D., sa nouvelle compagne, qui n’a pas hésité à lui livrer ses enfants et à participer à ces ébats particulièrement révulsants.

Au total, cinq victimes mineures ont été identifiées mais plusieurs majeures n’ont pas souhaité se constituer parties civiles à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi.

Poursuivi pour incitation à la débauche, viols et détention de matériel pédopornographique, Guy W. n’a pas souhaité comparaître, lui qui, au départ, niait tout en bloc, affirmant faire des "photos artistiques" avant d’accuser sa compagne de lui avoir livré ses filles.

Sandrine D., elle, ne s’est pas montrée très loquace, reconnaissant à tout le moins "être en partie coupable".

Mes Danhier, Bastianelli et Gobbe, qui défendaient les parties civiles, ont évoqué les souffrances de leurs clients. "La vision de ces photos est déjà insupportable. Imaginez ce que c’est de l’avoir vécu."

De son côté, le parquet a requis des peines de 15 ans pour Sandrine D. et de minimum 18 ans pour Guy W. "Même les psychiatres estiment qu’une thérapie ne ferait que renforcer leur perversité et leur permettrait de se perfectionner pour éviter d’être pris en récidive", a grondé la substitute Vairon.

Me Napoli, conseil de Guy W. a toutefois estimé que son client devait se soigner. Bref, qu’un sursis probatoire est nécessaire, ce qui ne fonctionne que sur une peine de 5 ans maximum. Me Delaye a également plaidé cette mesure de faveur, rappelant que sa cliente était sous l’emprise de son compagnon qu’elle n’a jamais osé quitter. "La pédophilie féminine est une réalité. Et ce genre de faits commis par une mère sur ses enfants semble toujours plus grave que pour un père mais elle est en aveux et a pris contact avec un service spécialisé."

Jugement le 8 octobre.


Un contrat de soumission

Guy W. a aussi fait des dégâts en dehors de son giron familial. La petite Marine, il l’a rencontrée à l’arrêt de bus, alors qu’elle n’avait que 11 ans. Ils discutent et elle tombe rapidement sous son emprise. Un an plus tard, il lui demande de montrer ses seins sur webcam, ce qu’elle accepte. Marine est malheureusement "amoureuse" et accepte, en 2014, de l’embrasser. Le pervers en veut plus et réclame des photos d’elle nue avant de l’emmener dans les bois de Rance pour abuser d’elle. Elle n’a que 16 ans lorsqu’elle est déflorée.

Guy W. veut encore asseoir son emprise. En 2017, il lui fait signer un contrat de soumission. Les règles sont aussi horribles que contraignantes : son corps lui appartient totalement, elle doit s’installer chez lui, y vivre nue, se marier avec lui et lui faire un bébé qu’ils pourront élever… et ligoter pour en abuser !

Obnubilée par son bourreau, Marine a tout noté dans son journal. Jusqu’au moindre détail.