La défense d’Alain Mathot a longuement plaidé l’acquittement de son client poursuivi devant le tribunal correctionnel de Liège pour entre autres de la corruption commise lors de la construction de l’incinérateur Uvelia à l’usine Intradel par la société Inova France. Le parquet a précisé qu’il requérait deux ans de prison avec sursis, huit ans d’inéligibilité, une confiscation allant jusqu’à 2 millions d’euros et cinq ans d’interdiction de commercialité. Me Jean-Philippe Mayence a ensuite plaidé l’acquittement de son client. L’avocat a estimé que tant les enquêteurs que le juge d’instruction ont monté un dossier uniquement à charge et ont fait plusieurs fois preuve de partialité. Ainsi, alors que les enquêteurs déclarent qu’Alain Mathot se trouvait à Paris, des relevés de paiements par carte de crédit démontreraient qu’il se trouvait alors à Méribel ou Saint-Tropez. Selon l’avocat, il n’y a aucune preuve qu’Alain Mathot a reçu environ 700 000 euros en liquide, au contraire. "Il connaissait des problèmes d’argent ! On a uniquement les fausses déclarations de Monsieur Leroy (NdlR ancien directeur d’Inova France). Il y a eu 43 perquisitions dans l’entourage d’Alain Mathot et aucune enquête de patrimoine de Monsieur Leroy. Selon ce dernier, il aurait versé 50 000 euros en liquide à Alain Mathot et juste après ce dernier aurait payé le restaurant et l’hôtel avec sa carte de crédit !"

Dépassement du délai raisonnable

L’avocat a souligné les fuites dans la presse qui auraient été, selon lui, orchestrées par les enquêteurs. L’avocat s’en est pris au réquisitoire. "C’est un réquisitoire de haine", a-t-il estimé. Me Mayence a jugé que l’on avait demandé à Alain Mathot de prouver son innocence. Il a estimé avoir démontré qu’il ne se trouvait pas aux endroits suspects. Me Mayence a demandé aux juges de faire preuve d’impartialité. "Toute cette famille se bat pour son honneur", a poursuivi l’avocat en montrant les proches d’Alain Mathot présents dans la salle. "Il n’y a que nous qui pensons qu’il doit être acquitté."

L’avocat a rappelé que les faits sont anciens et évoqué le dépassement du délai raisonnable. Il a demandé l’écartement de certaines pièces. Il a également plaidé la suspension du prononcé.

Jugement le 25 février prochain.