Alain Van der Biest retourne en prison!

Michel Soiron Publié le - Mis à jour le

Faits divers La chambre du conseil a décidé d'exécuter la prise de corps pour tous les inculpés

LIÈGE Coup de théâtre ce lundi en début d'après-midi, à Liège. La chambre du conseil de Liège a rendu une ordonnance de renvoi pour les neuf inculpés du dossier assassinat d'André Cools. Ce n'était pas vraiment une surprise. En revanche, la prise de corps a également été décidée, ce qui est une première à ce stade de la procédure. Alain Van der Biest et les autres inculpés ont donc été envoyés en prison hier après-midi.

`Une erreur judiciaire´

Si la demande de prise de corps est toujours faite par le parquet dans son réquisitoire devant la chambre du conseil, elle n'est en revanche jamais appliquée, à ce stade de la procédure. En effet, après la chambre du conseil, la chambre des mises en accusation doit encore statuer sur le renvoi ou non devant la cour d'assises. En cas de renvoi, la prise de corps est alors seulement appliquée, juste avant que débute le procès.
Il était 13 h environ, hier, lorsque nous avons rencontré Alain Van der Biest, qui a réagi à l'ordonnance de renvoi de la chambre du conseil: `J'estime que c'est injuste sur le fond. De plus, le parquet avait demandé la poursuite de l'instruction, ce que je trouvais normal, et cela a été refusé. De toute manière, en ce qui me concerne, je maintiens ce que j'ai déjà répété, à savoir que je suis innocent. En septembre 96, déjà, à la suite de l'arrestation de plusieurs Italiens, j'ai été accusé exclusivement par Richard Taxquet, qui arrivait avec ses déclarations comme une sorte de divine surprise. Et à l'époque, via un témoin, j'ai entendu Mme Ancia dire qu'il fallait qu'une tête tombe. Il s'agit ici d'une erreur judiciaire dont le parquet ne veut pas endosser la responsabilité. Il a donc décidé de renvoyer cette responsabilité à un jury populaire.´
Malgré cela, Alain Van der Biest ne perd pas espoir: `Il s'agit ici de la chambre du conseil. La procédure n'est pas terminée. Bien entendu, il est difficile d'avoir encore confiance mais je n'oublie tout de même pas que par deux fois, la chambre des mises a rendu un arrêt différent de celui de la chambre du conseil: dans le dossier de la gestion de mon cabinet d'abord, puis dans celui de ma libération, prononcée par le chambre des mises le 2 janvier 1997.´ Deux heures plus tard, on venait chercher Alain Van der Biest chez lui, pour le conduire à Lantin.
Michel Soiron