Faits divers Les cuves du pétrolier échoué contenaient 103.000 tonnes de brut!

ZEEBRUGGE Les autorités ont poussé un ouf de soulagement, lundi après midi, après avoir vu repartir sans mal un pétrolier grec et ses 103.000 tonnes de brut. Le pétrolier s'était échoué sur un banc de sable au large de Zeebrugge, à environ 5 kilomètres de la côte belge. En cause: les vents violents.Des remorqueurs de l'URS (Unie van Reddings en Sleepdiensten) ont été appelés à la rescousse pour sortir le pétrolier grec Minerva Oleonora hors du banc de sable dans lequel il s'était enfoncé lundi matin. Le navire échoué a un tirant d'eau de 14,70 mètres (la taille de la coque immergée, sous le niveau de flottaison).

Le bateau se dirigeait vers Anvers et transportait 103.000 tonnes de pétrole brut dans ses cuves. «L'opération s'est bien déroulée, mais cela aurait pu mal se passer. La grande crainte lors d'échouage de ces bateaux gigantesques est de voir la coque s'ouvrir lorsque la marée baisse trop», nous explique Thierry Jacques de l'UGMM (Unité de la Mer du Nord).Plusieurs remorqueurs ont été nécessaires pour renflouer le pétrolier et le diriger vers Anvers (où il sera inspecté). Les vents violents ont compliqué le sauvetage.

Si l'accident n'a pas entraîné de pollution, la Ligue Royale pour la protection des Oiseaux est très vite montée au créneau. «Malgré l'actualité récente et les promesses faites pour qu'un drame comme celui du Tricolor ne se représente plus, un nouveau naufrage vient encore d'avoir lieu au large des côtes belges. Ce nouvel accident relance la polémique quant à la sécurité du transport des produits pétroliers en mer. Après les naufrages dramatiques et à répétition de l' Erika, du Prestige et du Tricolor, il est aberrant de constater que la menace reste permanente et que la situation n'évolue pas!» explique Hugues Fanal, directeur de la Ligue.

Depuis plusieurs jours, des oiseaux de mer couverts de mazout se sont échoués sur notre côte. Ces oiseaux (une centaine) ont été poussés vers les côtes par les vents du nord. Ce sont des animaux épuisés par le froid, victimes en outre des nappes de carburant qui sont rejetées en mer.

© La Dernière Heure 2005