Le cas est loin d’être unique.

À Bordeaux, quatre adolescents ont goûté, sans le savoir et en plein réveillon, une drogue de synthèse surpuissante. Une simple taffe aura suffi à dégrader leur état de santé, malaises sérieux et violentes nausées avec vomissements, emballements du cœur et hypotension à la clé. Pour eux, Noël se finit à l’hôpital.

Les analyses sont inquiétantes. Un cannabis de synthèse est détecté. Il s’agit du MDMB-4en-Pinaca. Cette molécule risquée pour la santé est apparue en Europe en 2017 et est à l’origine de plusieurs décès. La substance, souvent vendue en sachet, est ultra-nocive, explosive. Ces cannabinoïdes chimiques et artificiels reproduisent les effets du principe actif du cannabis, le THC (tétrahydrocannabinol) mais avec des effets autrement plus dévastateurs sur l’organisme.

Ce cannabis de synthèse est pulvérisé sur de l’herbe vendue comme du cannabis classique. D’autres substances de la même famille des cannabinoïdes de synthèse circulent aussi, sous la forme d’e-liquide, par exemple, fabriqué à partir de produits achetés sur Internet appelés PTC ("pète ton crâne") ou achetés directement par des consommateurs sur le Darknet.

"Il y a déjà eu des cas d’intoxications en Belgique", indique Michaël Hogge, chargé de projet à Eurotox, l’Observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles. "A priori, on peut toutefois présumer que la consommation de cannabis de synthèse n’est pas massive vu qu’il est encore, chez nous, très facile de se procurer du cannabis classique pour pas trop cher. Reste à voir si cette facilité perdurera encore longtemps, vu le nombre de saisies de plantations qui sont enregistrées. "

Le danger aujourd’hui vient du Darkweb. "Jusqu’en 2010, chez nous, le marché n’était pas réglementé. On pouvait en trouver facilement et légalement sur le Clean Net. C’est beaucoup moins facile aujourd’hui, il faut beaucoup plus gratter ", poursuit Michaël Hogge.

Ce sont les jeunes qui sont les plus exposés : "Les consommateurs plus aguerris connaissent en général le côté néfaste de ces produits. Cela dit, rien qu’à la couleur, on peut tout de même facilement détecter que ce n’est pas du cannabis classique."