Coup de tonnerre dans le monde des affaires en Chine : Alibaba, symbole de la réussite du pays dans l’économie numérique, est dans le collimateur du régime communiste pour "suspicion de pratiques monopolistiques". L’annonce, jeudi, de l’ouverture d’une enquête par l’Administration d’État pour la régulation des marchés contre le groupe fondé par le charismatique Jack Ma a provoqué un plongeon des actions du champion du commerce en ligne, qui perdaient plus de 8 % en fin de matinée à la Bourse de Hong Kong, et 13,35 % à la clôture.

Les autorités n’ont guère fourni de détails sur ce qui est reproché à Alibaba, mis à part "un accord d’exclusivité" non précisé. Le géant de l’e-commerce a "promis de coopérer activement à l’enquête avec les régulateurs".

L’Administration d’État pour la régulation des marchés a également annoncé avoir contacté sa filiale Ant Group, leader mondial du paiement en ligne, pour des questions de "supervision", moins de deux mois après que Pékin eut annulé à la dernière minute son introduction en Bourse.

La suspension in extremis de l’entrée en Bourse d’Ant Group début novembre avait déjà provoqué la stupeur. Elle survenait quelques jours après un discours à Shanghai de Jack Ma, lors duquel le multimilliardaire avait critiqué l’action des régulateurs financiers. Ces derniers s’inquiètent de la puissance des groupes technologiques et plus particulièrement de leurs incursions dans le secteur des prêts en ligne, où ils s’affranchissent des règles prudentielles imposées aux banques publiques.

Dans les médias

Les médias chinois ont relayé ces inquiétudes en mettant en garde contre les risques de turbulences financières. L’enquête contre Alibaba "est une mesure importante pour notre pays afin de renforcer la supervision antimonopolistique dans le secteur de l’Internet et promouvoir un développement sain à long terme de l’économie numérique", écrit jeudi Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste au pouvoir.