Faits divers

Quand les inspecteurs en charge de l’hygiène inspectent 1.000 logements dans une commune bruxelloise comme Anderlecht, ils constatent que… 136 sont infestés par les cafards. Sur 1.000 logements visités par l’Hygiène, des souris sont constatées dans 88 en quantité suffisante pour parler d’ "invasion de souris" . Et des rats, dans 16.

Ces chiffres seront rendus publics en septembre. Émanant de l’Observatoire du logement d’Anderlecht, ils sont représentatifs : aucune raison qu’ils soient très différents ailleurs. Ils concernent l’habitat tout confondu, donc pas uniquement le logement social. Et c’est le bilan de contrôles d’hygiène effectués sur une période de cinq ans, depuis le 1er janvier 2008.

Les chiffres apprennent que sur 1.000 logements, 537 - soit plus de la moitié - sont sujets à des problèmes conséquents d’humidité. Qu’une famille sur dix vit dans un grenier ou dans une cave : 51 familles sur 1.000 dans un grenier et 47 occupent un logement aménagé dans une cave. Par contre, à peine trois cas de mérule ont pu être confirmés.

L’échevin anderlechtois en charge de l’higyène se dit consterné par ce bilan. Pour Jean-Jacques Boelpaepe, l’habitat dans nos villes ne cesse de se détériorer. "Ces chiffres sont malheureusement exacts. J’ajouterais qu’ils sous-estiment probablement la réalité qui est pire encore puisque ces visites d’hygiène n’ont lieu en principe que sur plainte. Combien de locataires précaires préfèrent subir l’insalubrité que courir le risque d’être jeté à la porte par le propriétaire ?"

Un inspecteur décrit ainsi l’habitat à Bruxelles : "Rétrograde, et cela empire ! Imaginez-vous que nous rencontrons parfois même des cas où les occupants se plaignent de morsures de rats." Or, ces rongeurs, tout comme les souris, sont vecteurs de maladies.

Les pouvoirs publics sont assez désemparés : à Anderlecht, Jean-Jacques Boelpaepe révèle que le service de l’hygiène de cette commune de 115.000 habitants, la huitième du pays, se compose en tout et pour tout de... deux agents.

Premier à réagir sur ces chiffres qui interpellent, M. Boelpaepe préconise un changement radical de politique qui interdirait aux propriétaires de mettre un logement en location sans avoir préalablement obtenu un certificat de conformité, certificat que le service local de l’hygiène délivrerait après inspection des lieux. "Vous ne vendez pas un véhicule sans un contrôle technique en règle ? Vous ne louez pas un logement sans avoir d’abord fait vérifier que ce logement est en état d’habitabilité. Le propriétaire veut tirer de l’argent de son bien ? Il est normal que ce bien soit conforme."