Depuis jeudi dernier, Erwan, 5 ans, ne prend plus de médicaments.

À peine doit-il encore suivre une cure en vitamines D. Une broutille en comparaison à ce que ce gamin de Walcourt et ses parents subissaient depuis 2 ans.

" Mais je ne serai apaisée qu’en mai 2023, lorsque sa période de rémission sera terminée ", témoigne la maman, Mélanie Michaux.

En juin 2018, le verdict tombe dans toute sa noirceur : Erwan a la leucémie. Tout est parti de ces fichus ganglions qui s’étaient logés derrière les oreilles, trois mois auparavant : " Naturellement, on pense alors à une simple otite. " Sauf que les ganglions non seulement ne disparaissent pas mais prolifèrent.

Aujourd’hui, Mélanie se souvient de cet appel du médecin lui demandant de se rendre d’urgence à l’hôpital après qu’Erwan a passé une échographie et une prise de sang.

" On m’a dit à ce moment-là que c’était soit une leucémie, soit un lymphome. Le choc a été terrible. Deux années auparavant, ma maman décédait d’un cancer ", énonce Mélanie.

Dès la fin juin, Erwan entame sa chimiothérapie à l’Hôpital Saint-Luc, à raison d’une fois par semaine. Il suit en outre des séances de zoothérapie pour déstresser. " Avec le traitement, il était affaibli, il avait de la fièvre. Perte de poids, des cheveux, aphtes, lèvres gercées… "

Erwan réagit favorablement au traitement.

Et en février dernier, la voie de la guérison se traduit concrètement : il peut suivre sa chimiothérapie à domicile, tout en prenant des médicaments pour éviter les bactéries.

Trois mois plus tard, les prises de sang sont bonnes. Elles font office de feu vert. Erwan est guéri… jusqu’à preuve du contraire.

" Sur le coup, je suis passée du stade de l’angoisse, des cauchemars à celui de l’apaisement. Puis la réalité reprend le dessus. On sait qu’il faudra attendre 3 ans avant de savoir s’il est définitivement guéri."

Sa guérison, Erwan la doit aussi à son moral: " En fait, comme il a été touché très jeune, il considérait son traitement et ses souffrances comme quelque chose de normal. Quand il croisait des gens, il disait ‘Demain, j’ai chimio’. Les forces que ces enfants peuvent avoir pour supporter tout cela. Il est toujours resté un garçon souriant."

"Je pense que cette épreuve l’a rendu plus mûr. Jamais, à l’avenir, il ne se plaindra parce qu’il a simplement mal à la tête. Imaginons qu’il tombe malade plus tard, il ne va pas stresser parce qu’il a mal ou qu’il doit prendre des médicaments. Une piqûre et une prise de sang, ça ne le tourmentera pas."

Jusqu’ici, la scolarité du garçon a été chahutée, parfois interrompue. Ce qui ne l’empêchera pas de rentrer en septembre prochain en 1re primaire, alors qu’il n’aura 6 ans qu’en décembre prochain. " Au niveau du langage, il est plus avancé que les enfants de son âge. Quand il parle et qu’il fait une faute, il se corrige lui-même. Il sait que ça ne fait pas mal de se corriger. Vu le contexte du Covid, je ne l’ai pas remis à l’école en juin. Mais en septembre, il rentrera. Cela me tourmentera tout de même. mais il rentrera ", explique la maman.

Mélanie l’admet : elle a connu des moments de découragement, de panique. Des ennuis de santé, elle en a eu, elle aussi, sous la forme d’un excès de tension : " Pendant tout un temps, il refusait de manger, il a perdu 5 kg, il dépérissait. Depuis qu’il n’est plus en traitement, il n’y a plus aucune restriction alimentaire ".

Aujourd’hui, Erwan rêve de monter dans un avion. Même par les temps qui courent.

Ce garçon n’a vraiment plus peur de rien…