Faits divers

Les témoins n’ont rien pu faire pour aider la victime face à un tel déferlement de violence

Les faits ignobles n’ont pris que trois minutes mais les témoins s’en souviendront toute leur vie. Ce lundi 14 juillet vers 16 h 45, le quartier de la rue François Vekemans à Neder-over-Heembeek a basculé dans l’horreur.

Pantelis Koklis, né en 1977, prenait un verre au café L’Arc-en-ciel, comme presque tous les jours. Cet homme de 37 ans était connu et apprécié dans le quartier. La victime et les autres clients présents ont alors vu arriver plusieurs véhicules qui se sont arrêtés en faisant grincer leurs pneus.

Une dizaine de personnes en sortent et foncent directement vers Pantelis. Un témoin anonyme raconte : " Ils ont tous foncé vers lui. Le gars a tenté d’aller se cacher dans le café mais ils l’ont rattrapé. Je n’ai jamais vu des gens aussi déchaînés. Vieux, jeunes, hommes ou femmes, ils étaient tous dans un état pas possible ! Je ne le connaissais pas vraiment mais il me disait toujours bonjour et avait l’air correct, du moins avec les gens du quartier."

Les agresseurs sont des membres de la belle-famille de la victime. La famille H. connaissait bien la victime puisqu’il avait épousé successivement deux sœurs de cette famille musulmane. Il s’était d’ailleurs converti et était père de deux enfants.

Une véritable haine s’était établie au fil du temps entre Pantelis et sa belle-famille qui lui reprochait de ne pas être un “bon” musulman. D’après des témoins des faits, la victime était en train d’envoyer des sms injurieux à certains membres de cette famille avant que le drame ne débute.

Le quartier reste secoué par la violence de l’altercation. " Après l’avoir frappé avec des pied-de-biche, des battes de base-ball et des couteaux, ils l’ont traîné par une jambe jusqu’au milieu du carrefour. Il ne bougeait déjà plus et il perdait beaucoup de sang. Un jeune homme d’environ 17 ans n’arrêtait pas de shooter dans sa tête. J’ai vu qu’une femme avec un foulard allait lui rouler dessus avec une voiture et je me suis alors interposé. Je n’ai pas osé bouger tellement ces gens avaient l’air dans un état second, presque des animaux. Ils ont voulu le mettre dans le coffre d’une des voitures mais on a été plusieurs à les en empêcher. Je suppose qu’ils voulaient jeter le corps dans le canal. Je ne comprends pas qu’on puisse s’acharner comme ça sur un homme seul ", conclut ce témoin, encore incrédule de ce qu’il a vu.

La victime a été emmenée vers l’AZ VUB. Pantelis est décédé durant le courant de la nuit. Il laisse derrière lui deux enfants qui grandiront sans leur papa. Le dossier a été mis à l’instruction mais le parquet de Bruxelles ne désirait pas communiquer plus d’informations sur ce dossier.

Toujours aucune interpellation

Ce 16 juillet, le parquet de Bruxelles confirmait qu'aucune personne n'avait été privée de sa liberté dans le cadre de cet acte violent. La femme de la victime est pourtant désignée par des témoins de la scène comme étant la conductrice du véhicule qui a tenté d'écraser Pantelis alors qu'il gisait en plein milieu de la route. "L'enquête est en cours" est le seul commentaire qu'accepte de fournir la Juge d'Instruction, Madame Grégoire.

Quatre perquisitions ont pourtant eu lieu dès ce mardi soir. Deux personnes ont été interpellées mais elles ont été relaxées après leur audition car elles n'étaient pas directement impliquées dans les faits.

D'après plusieurs sources proches du dossier, les huit agresseurs de Pantelis auraient déjà fui en direction du Maroc. Si tel est le cas, l'enquête risque de se compliquer et les arrestations ne risquent pas de se dérouler dans les jours à venir.