L'auteur des lettres de menaces a revendiqué l'attaque à l'acide de ce vendredi matin à Anvers, a rapporté le parquet de Bruxelles.

La chaîne de supermarchés Delhaize avait reçu en décembre dernier deux lettres de menaces via e-mail, lesquelles évoquaient des attaques à l'acide contre des clients. Ces mails avaient également été envoyés à l'agence Belga (voir photo ci-dessous) .

Vendredi matin, une femme de ménage a été agressée à l'acide devant un magasin de la chaîne à Anvers. Le pronostic vital est engagé pour la victime. Des caméras de surveillance ont filmé l'auteur présumé de l'attaque. Le parquet a diffusé plus tôt dans la journée des images sur lesquelles le suspect apparaît dans une agence bancaire. L'individu avait déjà été reconnu par les enquêteurs sur plusieurs images et a rapidement pu être relié aux faits de vendredi matin. Un nouvel appel à témoins a été lancé dans l'après-midi.

Les motivations du suspect demeurent troubles, mais il est confirmé qu'il réclame de l'argent à Delhaize. Le parquet a par ailleurs ajouté qu'il ne disposait d'aucun élément indiquant qu'il aurait agi avec l'aide d'un tiers. Les autorités ont refusé de préciser quel type de produit avait été aspergé sur la victime.


Menaces contre Charleroi pour infliger un "coût social et financier"

Un texte en anglais avait été envoyé le 8 décembre dernier à Delhaize et Belga, menaçant d'attaques à l'acide contre des clients de Delhaize. "Vous pouvez imaginer le coût social et financier si cinq personnes se voyaient asperger de l'acide en plein visage", y était-il écrit.

Dix jours plus tard, un nouvel e-mail provenant du même expéditeur évoquait "trois nouvelles cibles à Charleroi, une femme et deux enfants". L'expéditeur demandait d'"upgrader les cartes au niveau premium", sans qu'il soit vraiment évident de savoir ce qu'il voulait dire par là.

L'agence Belga a transmis les mails à la police judiciaire fédérale qui a demandé de ne pas faire mention de ces courriers afin de ne pas entraver l'enquête. "Belga a scrupuleusement respecté cette demande. Mais puisque les faits de ce vendredi matin ont peut-être un lien avec ces mails de menace, il nous a semblé nécessaire désormais d'en faire état", a précisé Hans Vandendriessche, rédacteur en chef de l'agence de presse belge.


Aucun commentaire de la part de Delhaize

Une enquête avait déjà été ouverte auprès du parquet de Bruxelles à propos des lettres de menaces reçues par Delhaize. Si les faits d'Anvers étaient ajoutés au dossier ouvert à Bruxelles, cela indiquerait qu'il pourrait y avoir un lien entre les deux affaires.

Delhaize ne souhaite pour sa part faire aucun commentaire. L'entreprise renforcera, au cours des deux prochaines semaines, la surveillance autour du magasin anversois visé par l'attaque de vendredi.

Début décembre, il y avait eu un incident dans un magasin Delhaize à Deurne. Un enfant avait été blessé à l'oeil avec un tournevis et on avait craint pour ses jours. Un suspect de 52 ans avait rapidement reconnu les faits. Au moment où la lettre de menace évoquant Charleroi était arrivée à Belga, l'homme était déjà sous mandat d'arrêt.


Delhaize renforce les mesures de sécurité pour tous ses magasins

Delhaize va prendre des mesures de sécurité supplémentaires pour tous ses magasins en raison des événements qui se sont déroulés dans l'une de ses enseignes à Anvers lorsqu'une femme de ménage de 52 ans a été aspergée d'acide, a indiqué le porte-parole de la chaîne de supermarchés. Delhaize a confirmé avoir déjà reçu des lettres de menaces en décembre. L'entreprise avait alors pris contact avec le parquet et collaboré avec celui-ci, a encore affirmé Roel Dekelver. Des réunions ont eu lieu régulièrement, la priorité était mise sur la sécurité des clients et du personnel, indique-t-on encore.

"Sur base des événements d'aujourd'hui, nous renforçons les mesures de sécurité autour de tous nos magasins et clients". Il s'agit de mesures internes, à propos desquelles aucune communication ne sera faite. Des agents de sécurité supplémentaires pourraient être sollicités.