Attentat à Liège : pas de deuil national
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Attentat à Liège : pas de deuil national

Jean-Michel Crespin et Belga

Publié le - Mis à jour le

Le Kern a décidé de ne pas organiser de journée de deuil national. Le premier ministre Elio Di Rupo a signé le registre des condoléances à Liège

LIEGE Ce matin, le Kern a décidé de ne pas organiser de journée de deuil national, selon Le Soir. Une commémoration est toutefois prévue en hommage aux victimes de la tuerie de Liège. La date n'a pas encore été déterminée.

Toujours selon Le Soir, le Premier Ministre Elio Di Rupo s’est rendu dans la cité ardente ce mercredi pour adresser ses sincères condoléances et son soutien aux familles des victimes et à leurs proches. Il a signé le registre des condoléances à l’Hôtel de Ville vers 17h15 avant de se rendre dans un hôpital liégeois pour rencontrer les membres du personnel et de discuter avec eux de la gestion des événements après la tragédie.

La fusillade meurtrière qui s'est déroulée mardi midi à Liège a causé la mort de cinq personnes, dont l'auteur.

L'information a été annoncée mercredi matin par le procureur du Roi de Liège, Danièle Reynders. Les victimes sont Gabriel, un bébé de 17 mois qui se trouvait dans les bras de sa maman (voir cet article ); Pierre et Medhdi, dit Nathan, des jeunes étudiants de 17 ans et 15 ans; ainsi que l'auteur qui s'est donné la mort.

Enfin une quatrième victime de l'auteur a été découverte mardi après-midi dans un hangar appartenant à Nordine Amrani. Il s'agit d'une dame âgée de 45 ans et habitant Vottem. Elle était femme de ménage chez la voisine du suspect et a été tuée d'une balle dans la tête.

Par ailleurs, Cinq personnes se trouvent toujours dans un état critique. Parmi eux, un jeune homme de 20 ans qui a été opéré à la tête, et une dame âgée de 75 ans, qui était annoncée morte mardi.

La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet était sur les ondes de La Première. Elle s'est penchée sur les motifs du tueur, Nordine Amrani. "Les premiers éléments de réponse (...) c'est qu'il y avait, sur base de faits de moeurs récents, une convocation à la police à 13h30, et qu'il pourrait avoir craint d'être renvoyé en prison" en raison du non-respect des conditions de sa libération anticipée, a commenté la ministre.

La décision de libération conditionnelle est analysée par la ministre de la Justice Annemie Turtelboom, qui en informera le comité ministériel restreint à 9 heures.

"Nous examinerons les réponses politiques à apporter, au-delà de toutes celles qui sont déjà dans l'accord de gouvernement concernant le renforcement des peines incompressibles ou la priorité donnée (à la lutte contre le trafic illégal d'armes", a expliqué Mme Milquet.

Selon elle, "on voit depuis quelques années une augmentation du trafic illégal d'armes de guerre (...), provenant de l'Est, d'autres filières. C'est une priorité du plan national de sécurité".

Une marche blanche en l'honneur des victimes

"Suite au drame de ce mardi 13 décembre 2011, beaucoup de personnes souhaitent faire une marche blanche en hommage aux victimes. Celle-ci commencerait le samedi 17 décembre à 13h de la gare des Guillemins et se terminerait pour 14h par une minute de silence Place Saint-Lambert", peut-on lire sur la page Facebook créée en soutien aux victimes.

L'auteur s'est bien suicidé

Nordine Amrani, l'auteur de la fusillade meurtrière qui a coûté la vie à plusieurs personnes mardi à Liège, s'est bien suicidé après avoir lancé trois grenades et tiré une rafale de coups de feu vers la foule, a annoncé mercredi le procureur du Roi de Liège, Danièle Reynders, au cours d'une conférence de presse.

Un doute subsistait mercredi matin quant à savoir si l'auteur s'était tué, comme le laissaient entendre certains témoins visuels, ou s'il était décédé accidentellement par l'explosion d'une grenade.

Selon la procureur du Roi, qui se base sur le rapport du médecin légiste, l'auteur des faits s'est bien tué d'une balle de révolver dans le front.
Les autorités judiciaires n'en savent pas plus concernant les motivations qui l'ont poussé à perpétrer un tel acte. Selon Danièle Reynders, l'auteur n'a laissé aucun message.

Le procureur du Roi a également confirmé que le corps d'une dame avait été découvert dans un hangar dans lequel l'individu faisait pousser des plants de cannabis, rue Bonne Nouvelle, à Liège. La dame est la femme d'ouvrage de voisins de l'individu. Elle a été tuée d'une balle dans la tête. Des armes lourdes et des munitions ont été retrouvées dans ce hangar.

Les armes de Nordine Amrani avaient bien été saisies

Nordine Amrani a été condamné en septembre 2008 par le tribunal correctionnel de Liège à 48 mois de prison pour détention de 2.800 plants de cannabis et à 16 mois de prison pour détention d'armes (9.500 pièces d'armes et une dizaine d'armes lourdes).

Mais cette dernière prévention n'a pas été retenue par la cour d'appel en mars 2009. "La cour d'appel n'a effectivement pas pu le condamner sur ces faits là en raison d'un problème technique. La loi en matière de détention d'armes a changé et la cour n'a pas visé la bonne loi. C'est la seule raison pour laquelle la prévention n'a pas été retenue", a expliqué le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, à Belga, démentant ainsi des informations communiquées à certaines media par l'avocat de Nordine Amrani.

Selon l'avocat, Me Dister, cité par La Libre Belgique, l'individu disposait des autorisations pour détenir des armes à son domicile et un accord avait été conclu avec le parquet général pour qu'il récupère la contrevaleur des armes.

"C'est totalement faux. Il n'a jamais reçu l'autorisation de détenir des armes. Il s'agit d'armes de guerre et personne, en aucun cas, ne peut détenir cela. Quant aux armes, elles ont été saisies et le sont toujours", a commenté le procureur général.

Le parlement wallon rend hommage aux victimes

Le parlement wallon a commencé mercredi sa séance plénière en observant une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Liège. Avant cet hommage, la présidente de l'assemblée, Emily Hoyos, et le ministre-président Rudy Demotte ont pris la parole tour à tour pour exprimer leur émotion et présenter les condoléances de leurs institutions aux familles et proches des victimes.

"Une violence inouïe, inexplicable, insupportable", a souligné Mme Hoyos qui a salué l'action des services de secours, leur courage ainsi que celui de passants anonymes.

Aux yeux de M. Demotte, depuis mardi, la Wallonie n'est plus une île.

"Nous pensions que ce genre de faits ne pouvait pas toucher la Wallonie", a expliqué M. Demotte. Ces tueries se sont produites aux Etats-Unis, en Allemagne, en Norvège, etc. "Et puis, cela s'est passé chez nous", a-t-il ajouté avant de témoigner sa sympathie à l'ensemble de la population liégeoise.

Examens annulés à St-Barthélemy et Saint-Louis

Les cours et les examens sont perturbés mercredi dans les écoles fréquentées par les victimes de la fusillade mortelle de Liège.

La direction du Collège Saint-Barthélémy, où étudiait Pierre Gérouville (16 ans), une des victimes, a réuni les étudiants, mercredi matin, dans la salle des fêtes de l'établissement, par degrés. Les élèves ont observé une minute de silence et ont pu exprimer leur ressenti. L'institut compte en fait plusieurs victimes puisqu'une élève de rhéto est toujours hospitalisée dans un état grave et qu'un autre élève a reçu une balle dans la jambe.

L'ensemble du corps pédagogique a décidé d'annuler purement et simplement la session d'examens, mais les cours, par contre, ont repris normalement. "Poursuivre la session n'a pas de sens sur les plans humain et pédagogique", précise le directeur.

Au collège Saint-Louis, où étudiait Mehdi,(15 ans), autre victime de la tuerie, une réunion de deux heures a été tenue pour sa classe avec le centre PMS.

Chacun a pu s'y exprimer et faire vivre les souvenirs positifs de leur condisciple. La classe a été dispensée des examens. Une autre élève du collège a par ailleurs été blessée. Un registre de condoléances a été installé à l'école, et on y envisage une marche de soutien à la famille des victimes.

Un registre de condoléances à l'Hôtel de ville de Charleroi

La ville de Charleroi a décidé mercredi d'ouvrir un registre de condoléances, en hommage aux victimes du drame de Liège, apprend-on à l'Hôtel de ville carolo. Le collège communal, qui tient aussi à présenter ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et à la population liégeoise, a décidé d'ouvrir un registre de condoléances accessible dès ce mercredi après-midi à l'entrée de l'Hôtel de ville, près de l'entrée du service population, place du Manège.

Ce registre sera accessible tous les jours ouvrables, de 08h00 à 16h00, jusqu'au vendredi 23 décembre.

Par ailleurs, dit encore ce communiqué, les réunions mensuelles du Conseil zonal de sécurité et de la cellule de sécurité (coordonnant le plan communal d'urgence et d'intervention) étaient prévues ce mercredi. Les enjeux de sécurité publique relatifs au drame de Liège et plus particulièrement le trafic d'armes seront évoqués lors de la réunion du Conseil zonal de sécurité qui regroupe le bourgmestre et l'ensemble des autorités judiciaires et policières de la ville.

Ce sera également l'occasion, pour les différentes disciplines composant la cellule de sécurité, de faire le point sur les moyens dont dispose la ville pour faire face à de tels événements, conclut ce communiqué.

© La Dernière Heure 2011

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