Faits divers

Youssef E.A., le 8e suspect dans l'enquête sur les attentats du 22 mars arrêté vendredi, travaillait à l'aéroport de Zaventem. 

Des sources judiciaires ont confirmé cette information révélée par Het Nieuwsblad et Sudpresse. L'homme, un ami de jeunesse de Khalid El Bakraoui, avait un accès direct aux avions sur le tarmac. Il était aussi ami avec un autre suspect, Ali El Haddad Asufi, et est soupçonné d'avoir rencontré à plusieurs reprises ces deux individus, notamment dans l'appartement d'Etterbeek où l'attaque perpétrée dans le métro bruxellois a été préparée. Youssef E.A., né le 4 août 1985 et de nationalité belge, a été privé de liberté et placé sous mandat d'arrêt par le magistrat instructeur du chef de participation aux activités d'un groupe terroriste, assassinats dans un contexte terroriste et tentatives d'assassinats dans un contexte terroriste, comme auteur, coauteur ou complice.

Sur son ordinateur, ont été découverts des messages provenant d'une clé USB de Khalid El Bakraoui, le kamikaze de la station de métro Maelbeek. Ces messages rappellent notamment que des vols vers les Etats-Unis, la Russie et Israël décollent tous les mardis depuis Zaventem. Les trois terroristes présents à l'aéroport de Zaventem le 22 mars devaient se faire exploser dans les files pour les vols vers ces destinations. C'est ce que Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui ont fait, tandis que le troisième homme, Mohamed Abrini, a pris la fuite en abandonnant sa charge explosive.

L'ordinateur de Youssef E.A. contenait également un message d'octobre 2015 stipulant que "un de nos frères passera à l'action le 22 mars 2016". Cette information éclaire d'un jour nouveau les intentions des terroristes qui ont frappé la Belgique. Elle tempère en effet les déclarations de Mohamed Abrini selon lesquelles la cellule avait l'intention de commettre un nouvel attentat en France mais s'était rabattue dans la précipitation sur la Belgique à la suite de l'arrestation de Salah Abdeslam. Dans son testament, Ibrahim El Bakraoui semble accréditer cette thèse en affirmant qu'il se sentait traqué. Le journal français Libération avait évoqué des plans initiaux visant des attentats pendant l'Euro de football.

Le suspect comparaîtra début de la semaine prochaine devant la Chambre du conseil de Bruxelles, qui devra se prononcer sur son maintien en détention.