La cour d'assises spéciale de Paris a décidé jeudi de faire droit à une demande de contre-expertise médicale réclamée par les avocats de Salah Abdeslam, qui avait été déclaré "apte" à comparaître par un premier médecin, une demande à laquelle se sont associés des avocats de la défense et des parties civiles.

Après trois heures de suspension, le président a ordonné cette nouvelle expertise pour déterminer si Salah Abdeslam était "apte" à comparaître et indiquer "toute mesure sanitaire" nécessaire.

Il a aussi demandé "toute précision utile sur la contagiosité d'un détenu non vacciné encore positif après la période d'isolement de 10 jours". Le rapport doit être rendu lundi, et l'audience reprendra mardi à 12H30, a-t-il enfin annoncé.

Le Français de 32 ans, seul membre encore en vie des commandos djihadistes ayant fait 130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, était présent dans le box pour la première fois depuis le 25 novembre.

Salah Abdeslam avait été testé positif au Covid-19 le 27 décembre, pendant la suspension de 15 jours de l'audience. Le procès avait brièvement repris mardi, avant d'être aussitôt suspendu, le principal accusé étant toujours placé à l'isolement après son test positif.

Deux expertises médicales ont confirmé ces derniers jours qu'il était désormais apte à assister aux audiences. Ce, "sous réserve d'un test négatif", précisait cependant la première expertise, datée de lundi.

La seconde, datée de mercredi, indiquait elle que Salah Abdeslam était positif au Covid "à un titre très faible" et que "son état de santé lui permet(tait) de comparaître à l'audience".

"A quarante-huit heures d'intervalle, l'expert dit tout et son contraire. Cela le discrédite d'un point de vue médical et scientifique", s'est emporté à l'audience l'un des avocats de Salah Abdeslam, Me Martin Vettes, demandant un nouveau report de l'audience le temps d'effectuer une contre-expertise.

De nombreux avocats, sur les bancs de la défense et des parties civiles, se sont associé à cette demande, réclamant que le test PCR négatif soit "une boussole", notamment pour éviter les contaminations "en cascade" dans le box où les accusés sont assis à moins d'un mètre les uns des autres.

Au terme de près de quatre mois d'audience marqués par les auditions de rescapés des attaques et de leurs proches, le procès devait entrer cette semaine dans une nouvelle phase, celle de l'interrogatoire sur le fond du dossier des 14 accusés présents (six autres, donc cinq présumés morts, sont jugés en leur absence).