Le mentor belge du djihad est le premier à tester l’aile des radicalisés, ouverte ce lundi.

Surnommé Papa Noël, gourou ou encore mentor, le plus gros recruteur de djihadistes en Belgique, condamné à 12 ans de prison l’été dernier (l’appel est en cours), vient d’inaugurer la nouvelle aile réservée aux détenus radicalisés, à la prison d’Ittre. Le projet, cher au ministre de la Justice Koen Geens, a pris forme ce lundi, après plusieurs mois de discussions particulièrement houleuses à ce sujet.

Cette nouvelle aile adaptée spécialement pour accueillir des détenus radicalisés était en effet loin de faire l’unanimité. Pour rappel, le projet a son équivalent au Nord du pays, à la prison d’Hasselt. Mais là non plus, rien n’est encore définitivement réglé.

Du coup, après d’intenses négociations entre les organisations syndicales et le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), il a été convenu d’ouvrir l’aile d’Ittre ce lundi, à la condition de n’y accueillir que quatre détenus dans un premier temps, et non 20 comme prévu initialement. "Nous avons déposé un préavis de grève en front commun la semaine dernière. La situation de l’aile d’Ittre dépendra de l’état d’avancement à Hasselt", nous précise le secrétaire général CGSP-Amio, Michel Jacobs.

Et selon nos informations, c’est donc le mentor du djihad, Khalid Zerkani, qui est arrivé le premier dans cette section ce lundi matin. Un transfert réalisé depuis la prison de Forest, en toute discrétion, et sous très haute sécurité.

Ce lundi, c’est seul que Khalid Zerkani a passé la journée dans cette aile de la prison d’Ittre. Trois autres condamnés radicalisés devraient rapidement suivre, dont Jean-Louis Denis, nous dit-on.

Pour éviter les contacts avec Mohamed Abrini

Et s’il a été décidé de transférer Zerkani le premier, c’est notamment pour éviter les contacts entre ce dernier, toujours très influent, même en prison, avec Mohamed Abrini, arrivé, comme La DH vous l’annonçait, dimanche matin à la prison de Forest.

Notons enfin qu’avec l’arrivée de Zerkani à Ittre, certaines sources syndicales craignent d’éventuels projets d’évasion.