Le Belge Zakaria J., interpellé mercredi chaussée de Gand à Molenbeek-Saint-Jean, a été placé sous mandat d'arrêt, a indiqué vendredi le parquet fédéral. 

Il est inculpé d'assassinats terroristes et de participation aux activités d'un groupe terroriste. Il s'agit du 11e inculpé dans le volet belge. Deux des inculpés ont été remis en liberté. Zakaria J. avait été interpellé en raison de ses liens présumés avec différentes personnes citées dans le volet belge de l'enquête concernant les attentats de Paris. Il aurait fait partie du cercle de connaissances d'Abdelhamid Abaaoud. On ignore les éléments précis qui ont conduit à l'arrestation du onzième inculpé.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a remis vendredi Ayoub Bazarouj en liberté.

L'homme avait été arrêté dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris. Il demeure inculpé d'assassinats terroristes et de participation aux activités d'un groupe terroriste, a indiqué le parquet fédéral. La chambre des mises a par ailleurs prolongé la détention provisoire de Lazez Abraimi de trois mois. Ayoub Bazarouj avait été interpellé le 30 décembre dernier chaussée de Gand, à Molenbeek-Saint-Jean.

La police judiciaire fédérale avait mené simultanément une perquisition à son domicile du 47 rue Delaunoy, également à Molenbeek. La police fédérale avait déjà mené une action dans cette habitation le 16 novembre, trois jours après les attentats de Paris, alors qu'elle était à la recherche de Salah Abdeslam. Le parquet fédéral disposait alors d'éléments solides indiquant qu'Abdeslam séjournait ou avait pu séjourner dans cette habitation.

"Salah Abdeslam n'a jamais été dans cette habitation, ni avant les attentats, ni depuis", a indiqué Me Yannick De Vlaemynck, avocat de Bazarouj. "Selon nous, il n'y a pas non plus d'éléments prouvant les liens (d'Ayoub Bazarouj) avec un groupe terroriste ou qu'il ait aidé Salah Abdeslam de quelque façon que ce soit. Mon client a été inculpé pour participation aux activités d'un groupe terroriste et pour 132 assassinats terroristes, mais le parquet fédéral a désormais demandé que cette dernière inculpation soit abandonnée", a ajouté l'avocat.

Le parquet se base, selon la défense, sur deux conversations téléphoniques au cours desquelles Salah Abdeslam aurait été cité, ainsi que l'existence d'une bombe. "La première est une plaisanterie et mon client n'y réagit même pas car il est en même temps en train de travailler. Dans cette même conversation téléphonique, mon client et son ami font également allusion au fait que mon client est écouté par la police", a précisé Me De Vlaemynck.

"La deuxième conversation téléphonique fait allusion à une vidéo que mon client a vu sur Facebook. Il s'agit d'un petit film australien, une sorte d'expérimentation sociale où un homme vêtu d'une djellabah, se promène en rue avec un sac à dos, laisse subitement tomber ce dernier à terre, se met à courir et les témoins de la scène se cachent. J'ai également visionné cette vidéo, à l'instar de milliers d'autres personnes. Tout le monde, moi inclus, connait des blagues sur Salah Abdeslam et sur tous les endroits où il pourrait être caché mais si un homme d'origine nord-africaine se risque à ces plaisanteries, il devient soudain suspect. Ce n'est pas correct", a-t-il conclu.

Selon le parquet fédéral, la chambre des mises en accusation n'a pas encore décidé d'abandonner l'inculpation d'assassinats terroristes.

Outre Ayoub Bazarouj, Lazez Abraimi comparaissait également devant la chambre des mises en accusation vendredi. L'homme est soupçonné d'avoir transporté Salah Abdeslam dans Bruxelles le 14 novembre ou après cette date. Deux armes et une trace de sang avaient été trouvées dans son véhicule utilitaire. Abraimi dément toutefois toute implication dans les faits.

La trace de sang comme les armes ont entre-temps été analysées et n'auraient pas livré d'éléments à charge. Le sang n'appartiendrait ainsi pas à Abdeslam. L'une des armes ne tirerait que des cartouches à blanc tandis que l'autre a été trouvée entièrement démontée.

Le 24 décembre, la chambre du conseil de Bruxelles avait prolongé de trois mois la détention provisoire d'Abraimi. Ce dernier avait interjeté appel de cette décision mais la défense a abandonné ce recours en appel. La chambre des mises en accusation a prolongé sa détention de trois mois.