C’est l’un des aveux remarquables d’Abrini pendant la reconstitution.

On en sait plus sur ce qu’ont fait les terroristes dans les jours et les heures qui ont précédé l’attentat à Brussels Airport. Mohamed Abrini, le seul survivant, a déclaré jeudi passé aux enquêteurs lors de la reconstitution qu’ils avaient bu un café ensemble à la pâtisserie Délifrance de l’aéroport. "Et la veille nous avons occupé toute la journée à jouer à la PlayStation."

"La reconstitution s’est particulièrement bien déroulée." C’est tout ce que le parquet fédéral a bien voulu communiquer après que Mohamed Abrini a montré pendant des heures aux enquêteurs jeudi passé comment il avait meublé les derniers jours avec Najim Lachraoui et Ibrahim El Bakraoui.

On sait que les explosifs ont été préparés le dimanche 20 mars dans l’appartement de la rue Max Roos à Schaerbeek. Mais qu’ont-ils fait le lendemain - vu que l’attentat a été commis le mardi ? Abrini : "On a occupé la journée à aller sur Internet et jouer à la PlayStation, la PS4."

Le lundi soir, ils ont commandé le taxi pour les déposer à Brussels Airport. Abrini a expliqué que le trio a commencé par faire un repérage dans le hall des départs, avant les comptoirs, pour repérer trois vols sur les tableaux. Les choix se sont portés sur un vol de départ vers la Russie, un autre à destination des États-Unis, et le troisième vers Israël.

Après quoi, ils se sont rendus au Délifrance et ont bu ensemble un café. Puis, Lacharaoui et El Bakraoui se sont fait exploser. Abrini - l’homme au chapeau - a abandonné son sac à dos et a quitté les lieux.

"Cela ne me surprend pas que les terroristes aient occupé ainsi leurs dernières heures", explique Mark Dechesne. L’an passé, ce chercheur de l’université de Leiden (Pays-Bas) a questionné trois combattants en Irak de l’État Islamique. "Que faire d’autre que des choses habituelles ? Si vous vivez ce moment avec l’idée que vous serez bientôt mort, vous serez accablé de façon telle que vous ne l’accepterez pas. L’esprit humain refuse l’idée de la mort. Et parce que l’esprit la rejette, vous allez modifier votre comportement. La seule alternative est de continuer d’avoir un comportement habituel."

Pour le chercheur , l’esprit humain confronté à l’imminence de la mort traverse deux phases. "D’abord, vous cherchez à écarter de votre conscience l’idée de la mort. Ensuite, un processus émotionnel inconscient va chercher à donner un sens à la mort. Donner un sens au sacrifice. Les recherches montrent que les combattants de Daech ont peur de la mort. Mais uniquement parce qu’ils réalisent qu’étant morts, ils ne pourront plus contribuer au djihad."