L'ex-député wallon Bernard Wesphael sera indemnisé à hauteur de 83.150 euros pour les dix mois de détention préventive inopérante qu'il a passés entre son arrestation le 1er novembre 2013 dans le cadre du décès de son épouse Véronique Pirotton et sa libération conditionnelle le 26 août 2014, rapportent les titres Sudpresse mardi.

Vu qu'il a été acquitté du meurtre de son épouse devant la cour d'assises de Mons en octobre 2016, Bernard Wesphael avait réclamé une indemnisation pour ses dix mois passés à la prison de Bruges.

Cette indemnisation lui avait été refusée par l'ex-ministre de la Justice Koen Geens, le 26 février 2019, sous prétexte qu'il avait eu "un comportement troublant" le soir des faits et "des déclarations variables" au fil du temps qui justifiaient sa détention préventive.

Bernard Wesphael a donc décidé d'aller en recours de cette décision devant une commission composée du président de la Cour de cassation, du président du Conseil d'État et du président de l'Ordre des avocats. Cette commission a donné tort à Koen Geens et a décidé d'octroyer 83.150 euros d'indemnisation à l'ex-député, équivalant à 150 euros x 299 jours de prison, soit 44.850 euros, et 38.300 euros pour les frais d'avocats et de contre-expertises. A noter que la moyenne des indemnisations tourne autour des 5.500 euros et que M. Wesphael réclamait 290.000 euros d'indemnités.

Dans une réaction citée par les quotidiens, Bernard Wesphael salue la nouvelle: "Ma privation de liberté était clairement abusive et non fondée. Je vis cette décision comme un troisième acquittement après le pénal et le civil."