Récit, hier, au Canada, de Charisse D'Hamers, 23 ans, attaquée pendant son jogging

BRUXELLES Une Belge passionnée de nature, Charisse D'Hamers, 23 ans, d'Anvers, en séjour au Canada où elle travaille dans l'hôtellerie, comme femme de chambre, pour payer ses prochaines vacances de ski, a été attaquée et mordue profondément par un ours noir... rencontré pendant son jogging.

Ce n'était plus arrivé (avec des blessures aussi graves) depuis 1995 dans cette région du lac Louise, célèbre station de ski canadienne à 180 km à l'ouest de Calgary. Charisse a dû parcourir 6 km avant de croiser des rangers. Ceux-ci lui ont apporté les premiers soins et ont organisé son transfert par hélicoptère. Pour tous, la jeune Belge ne doit sa survie qu'à son sang-froid !

Charisse faisait son jogging sur une route abandonnée fréquentée par des randonneurs et les cyclistes, quand elle est tombée sur un ours noir. "Il était 18 h. Tout à coup, j'ai vu cette masse sortir du bois, à une quinzaine de mètres. Ce n'est pas mon premier. Ils sont assez nombreux dans cette région mais en général, ils fuient l'homme. Pas cette fois. Il s'est approché en montrant des signes évidents d'agressivité. Il n'est jamais conseillé de s'aventurer sans s'équiper d'un spray mais là, comme je faisais du jogging, je ne l'avais pas pris. Je n'avais pas mon GSM non plus. En fait, je ne pense pas qu'il y avait du réseau. Bref, j'ai d'abord reculé sans lui tourner le dos. On a marché comme cela sur 300 ou 400 mètres. Normalement on conseille d'agiter les bras et crier. Mais il continuait de grogner et s'approcher. Je lui parlais. Go away, please go away. À trois mètres, j'ai changé de tactique. Je me suis étendue sur le sol, pour faire la morte, en me protégeant la tête et la nuque comme on l'apprend aussi. Il a dû sentir ma peur. L'ours s'est d'abord mis à renifler et à lécher ma transpiration sur les jambes, les cuisses et le dos. Et alors, il m'a mordu profond mais sans arracher la chair. Je ne pouvais plus rester ainsi. Alors, je me suis relevée tout d'un coup et j'ai reculé en marche arrière sans le quitter des yeux. L'ours montrait toujours des signes d'agressivité et j'avais peur de sa réaction. Peur aussi que l'odeur du sang en attire d'autres. On a encore marché comme cela ensemble sur 600 ou 700 mètres avant de se désintéresser de moi. Alos j'ai couru".

Jamais aussi vite ! Ce n'était probablement pas un grizzly ni un Kodiak, plutôt un baribal, ou Ursus Americanus, une bête dont le mâle atteint le 1 m 80 et les 200 à 275 kg de pur muscle, avec des spécimens record à 400 kilos.

Et une vitesse de pointe de 55 km/h...

Quand notre championne du 100 mètres Kim Gevaert plafonne à 40.

Notre compatriote s'en tire à plutôt bon compte. Charisse souffre de blessures multiples : 2 morsures profondes à la jambe droite, 2 plaies à vif à la jambe gauche et 2 dans le bas du dos.

Fille épatante et qui ne manque point d'humour, notre Belge du Canada tient un blog sur lequel elle écrivait hier : "I" m happy to be alive. Don't hug bears. Heureuse d'être en vie. Ne les approchez pas. Et méfiez-vous : ils n'apprécient pas quand vous êtes à 1mm d'eux".



© La Dernière Heure 2008