Il a rejoint sa maison de Moustey, près d'Arcachon, dans la nuit sous surveillance policière


"Dégoutée qu'il soit libre"


MOUSTEY Au milieu de la nuit. Sous escorte policière. Afin d'éviter tout grabuge éventuel. Cette mesure est déjà synonyme de gêne. Bertrand Cantat est libre. Et cela dérange.

Dans la nuit de lundi à mardi, le chanteur français a quitté le pénitencier de Muret pour rejoindre sa maison située à Moustey, un patelin planté dans les Landes tout près de l'Atlantique et du célèbre bassin d'Arcachon.

Après quatre années de détention, Bertrand Cantat a profité d'une remise en liberté conditionnelle après avoir purgé la moitié de sa peine. Cantat avait été condamné par le tribunal de Vilnius (Lituanie) à huit années de prison pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de Marie Trintignant. C'était durant l'été 2003.

À l'époque, Marie Trintignant se trouvait en Lituanie où elle tournait un téléfilm intitulé Colette . Le drame s'est produit alors que le tournage touchait à sa fin. Cantat l'avait accompagnée.

Cette remise en liberté dérange les associations qui luttent pour le soutien des femmes battues. Bertrand Cantat peut vivre librement. Marie Trintignant n'a pas cette chance.

En réalité, le dossier pénitentiaire de Cantat est irréprochable. Et c'est pour cette raison qu'il a pu sortir de prison. La défense en veut pour preuve que le ministère public lui-même ne s'est pas opposé à cette remise en liberté. D'ailleurs, le parquet ne fera pas appel de cette décision alors qu'il en a la possibilité.

Bref, au regard de la loi, Cantat méritait de retrouver la liberté, même si cela dérange.

Sa maison incendiéeen septembre 2003

Désormais, le chanteur français peut profiter de sa maison de Moustey qui avait été ravagée par les flammes C'était en septembre 2003, peu après le drame.

Marie Trintignant s'était accrochée à la vie durant quelques jours. Cantat lui avait porté des coups dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003. Elle avait laissé échapper son dernier souffle le 1er août de la même année.

Seule condition par respect pour Marie, la justice a interdit à Cantat de chanter ou de composer sur ce drame.



© La Dernière Heure 2007