Faits divers L'avocat Laurent Kennes et le magistrat Denis Goeman nous expliquent pourquoi la polémique autour de cette campagne publicitaire pourrait mener au tribunal à une plainte au pénal

On ne parle quasi plus que de cette campagne publicitaire autour du Bicky Burger sur les réseaux sociaux. Le jury d'éthique publicitiaire a déjà reçu plus de 300 plaintes en moins de 24 heures pour cette image où l'on voit un homme frapper une femme, mécontent de son hamburger. 

Mais au pénal, des suites sont-elles possibles ? C'est ce que nous avons tenté de savoir auprès du magistrat et porte-parole du parquet de Bruxelles, Denis Goeman ainsi que du pénaliste Laurent Kennes. "A ce stade, aucune plainte n'est parvenue au parquet de Bruxelles. Si tel devait être le cas, le parquet ouvrirait, comme à chaque fois une information judiciaire afin de vérifier si des éléments constitutifs de l'infraction sont réunis", précise le magistrat, ajoutant que l'infraction à l'émeute existe mais pas celle à la violence. Pour ce qui est de l'infraction relative à la loi contre le sexisme, elle ne serait pas retenue. "Le sexisme doit viser une personne en particulier. Ici, ce n'est pas le cas", commente l'avocat Laurent Kennes.

Une possibilité de déposer plainte au pénal existe néanmoins.En passant par la loi Moureau, contre les discriminations. "L'article 20 de la loi Moureaux de  1981 prévoit que toute discrimination à l'égard d'un groupe ou d'une communauté, en raison de son sexe, peut être condamnée. Mais il faut l'existence d'une infraction méchante. On peut donc envisager une plainte sur cette base mais par rapport à l'élément moral, il n'est pas certain que l'intention méchante soit retenue dans ce cas-ci à l'égard des publicitaires", précise encore Maître Kennes. 

Reste à voir si des femmes ou des associations déposeront plainte en plus d'un signalement au jury d'éthique publicitaire.