Mbark Boussoufa n'en revient pas d'avoir été menotté : "Ce policier a parlé du Standard dans la voiture, et ma veste est déchirée"

BRUXELLES Vers 16 heures, nous sommes parvenus à joindre Boussoufa. "Comme souvent, j'ai été boire un thé marocain et j'ai mangé quelque chose dans ce café , explique l'ex-Soulier d'Or. Soudainement, des policiers sont entrés. Un d'eux m'a adressé la parole en français, mais puisqu'il parlait vite, je ne le comprenais pas. J'ai demandé de répéter sa question en néerlandais. Il voulait ma carte d'identité. Elle était dans ma voiture, mais je n'ai pas eu le temps d'aller la chercher. Il m'avait mis les menottes !"

Boussoufa ne croyait pas ce qui lui arrivait. "Pendant qu'il m'emmenait vers la voiture de police, je devais baisser la tête et garder les bras en l'air. Je ne me suis pas opposé, parce que j'ai un rôle d'exemple à remplir. S'il s'agit d'un acte de racisme ? Je vous laisse répondre à votre question, mais c'est clair, non ?"

Selon le footballeur, le policier l'avait reconnu. "Il a même dit : Monsieur Boussoufa, suivez-moi. Dans la voiture, je l'ai entendu dire quelque chose sur le Standard. C'était une expérience très bizarre. Je suis profondément choqué. Si cette mésaventure me ferait opter pour l'étranger si j'ai une proposition ? Je ne vais pas m'épancher sur ce sujet maintenant, je suis trop affecté par ce qui s'est passé. C'est du jamais-vu. Ce soir, je vais à Roulers-Gand pour me changer les idées."

Au commissariat, Boussoufa a été rapidement libéré. "Je me suis retrouvé au bureau de l'inspecteur principal de la police. Il a reçu plusieurs coups de téléphone de personnes qui étaient alarmées par les faits. Il a décidé de me relâcher rapidement. Si c'est Anderlecht qui a mis la pression ? Je l'ignore. Je viens d'avoir un coup de fil de José Garcia, notre team-manager. Anderlecht est soulagé que tout va bien. Je ne sais vraiment pas ce que j'ai fait de mal. Faut-il menotter quelqu'un parce qu'il a oublié ses papiers dans sa voiture ? Ma veste est déchirée, mais soit. Je ne savais même pas qu'il y avait eu un problème dans la rue. Et dire que j'avais connu une si belle soirée face à Dender..."



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