Faits divers

Le principal accusé de l'attentat au Musée juif de Belgique, Mehdi Nemmouche, a tout d'abord été élevé dans la culture catholique au sein de sa famille d'accueil, avant de se tourner vers la religion de ses grands-parents, l'islam, à l'âge de 12 ans.

Il a ensuite tenu des discours radicaux dès l'âge de 19 ans, ressort-il de l'enquête de personnalité dévoilée vendredi après-midi dans le cadre de la lecture de l'acte d'accusation devant la cour d'assises de Bruxelles.

Mehdi Nemmouche, âgé aujourd'hui de 33 ans, a été placé à l'âge de 3 mois dans une famille d'accueil catholique à Faches-Thumesnil, près de Roubaix (France). Sa mère, dont il porte le nom, n'était pas apte à s'occuper de ses enfants.

Dès l'âge de 8 ans, il a repris contact avec ses grands-parents maternels, chez qui il se rendait un week-end par mois. La différence de croyance entre les deux familles a, semble-t-il, entraîné des difficultés d'identité chez Mehdi Nemmouche, qui répétait sans cesse qu'il n'était "personne". C'est chez ses grands-parents qu'il a adopté l'islam.

Selon ses proches, à 11 ans, il est devenu "brutal, difficile et perturbateur". Il a alors été envoyé dans un orphelinat à Auteuil, en région parisienne, de ses 12 à ses 14 ans.

A 16 ans, il a braqué deux personnes âgées avec un fusil à billes et écopé de trois mois de prison dont quinze jours ferme. Après cette incarcération, il n'est plus retourné dans sa famille d'accueil et est allé vivre chez ses grands-parents maternels à Tourcoing.

Mehdi Nemmouche a ensuite évolué vers un islam radical. Selon l'un de ses professeurs, à 19 ans, il tenait déjà des propos extrémistes, par exemple en approuvant la mise à mort d'une femme suspectée d'adultère dans un pays appliquant la charia, la loi islamique.

Mehdi Nemmouche a poursuivi sa scolarité, émaillée d'autres actes de violence, notamment envers l'un de ses professeurs, jusqu'à obtenir son bac à l'âge de 21 ans. A 22 ans, il est parti vivre dans le sud de la France, où il a été condamné à plusieurs reprises.

Libéré en décembre 2012 après environ cinq années de prison, Mehdi Nemmouche a quitté l'Europe pour aller rejoindre les rangs de l'organisation djihadiste Etat Islamique (EI) en Syrie.

Il y est resté jusqu'en février 2014 et est revenu en Europe en mars 2014, après avoir passé plusieurs semaines en Asie.


Nacer Bendrer est fiché comme musulman extrémiste depuis 2010

Le Marseillais Nacer Bendrer, accusé devant la cour d'assises de Bruxelles pour l'attentat au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, est soupçonné d'avoir fourni des armes à Mehdi Nemmouche pour commettre les faits. S'il dit ne pas cautionner le djihadisme, il est néanmoins fiché depuis 2010 comme musulman extrémiste en raison de ses liens avec des groupes radicaux. Aujourd'hui âgé de 30 ans, Nacer Bendrer se serait radicalisé en prison, où il a fait de nombreux séjours depuis l'adolescence pour des faits de vol, de rébellion, d'outrages et d'infractions de roulage. C'est au centre de détention de Salon-de-Provence, dans le sud de la France, qu'il a fait la connaissance de Mehdi Nemmouche.

Selon le tribunal correctionnel de Marseille, il a été détecté dès 2010 comme membre d'un réseau de détenus radicalisés se livrant à du prosélytisme.

Après avoir été arrêté dans le cadre de l'enquête sur l'attentat au Musée juif de Belgique en 2014, Nacer Bendrer avait été remis en liberté, assigné à résidence à Marseille, sa ville natale.

En avril 2017, il a été condamné à un an de prison pour non-respect de son assignation et, en septembre dernier, il a écopé de 5 ans de prison pour une tentative d'extorsion avec violence et menaces. Il a néanmoins interjeté appel de cette dernière décision de justice.