Un des trois Casques bleus belges blessés vendredi par l'explosion d'un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur véhicule blindé dans le nord du Mali a été rapatrié samedi en Belgique par avion et hospitalisé dans un établissement civil, a annoncé lundi le ministère de la Défense.

 

"Un des militaires a été transféré dans un hôpital de campagne rôle 2 du même type que celui que la Belgique va acquérir. Il y a été stabilisé et opéré. Il a ensuite été rapatrié samedi avant-midi du Mali (à environ 3.700 km de la Belgique) vers notre pays par un avion militaire français et transféré dans un hôpital civil où il reçoit les soins nécessaires", a précisé la Défense dans un communiqué adressé à l'agence Belga.

Les deux autres soldats ont été soignés sur place. Une équipe de psychologues est également déjà sur place, a ajouté la Défense.

"Pour des raisons évidentes de confidentialité, aucun détail n'est donné sur l'identité de la victime ni sur l'hôpital où elle réside. Etant donné qu'une enquête est en cours, aucune autre communication ne sera faite sur le sujet", conclut le texte.

Trois Casques bleus belges appartenant à la Mission de l'Onu pour la stabilisation du Mali (Minusma) avaient été blessés vendredi dernier à 18h09 (heure belge) lorsque leur véhicule avait roulé sur un IED.

L'incident s'est produit à "environ 5 km du camp de Gao" (occupé par la Minusma etla force française Barkhane), a expliqué le porte-parole de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Olivier Salgado. "Le plus grièvement touché a été évacué par hélicoptère, les deux autres plus légèrement blessés par ambulance", a-t-il ajouté, précisant qu'"une force d'intervention rapide a été déployée sur les lieux pour sécuriser le périmètre et les opérations".

Le groupe des forces spéciales (SFG) avait précisé samedi sur sa page Facebook que les trois "collègues" blessés appartiennent au bataillon Istar (l'unité "Intelligence, Surveillance, Target Acquisition et Reconnaissance" de l'armée) caserné à Heverlee, près de Louvain, dans le même quartier que le SFG.

Il s'agit du deuxième incident de ce type après celui qui avait fait deux blessés légers - également des membres du bataillon Istar - le 1er janvier dernier, également dans les environs de Gao, lorsque leur véhicule avait lui aussi sauté sur un engin explosif artisanal (en anglais "Improvised Explosive Device", IED, la principale menace pour les militaires étrangers et maliens).

Le véhicule, un blindé léger à roues MPPV ("Multipurpose Protected Vehicle") de type Dingo II, avait été détruit.

L'armée belge est présente au Mali avec une nonantaine de militaires au sein de la Minusma, dont un peloton "multi-senseurs" renforcé - soit une cinquantaine de militaires - fourni par le bataillon Istar. Le but de cette mission des Nations Unies est de stabiliser le Mali et de guider le processus politique. Une dizaine de militaires belges sont également présents sur le territoire, dans le cadre de la participation à la mission d'entraînement de l'Union européenne (EUTM-Mali) qui forme l'armée malienne.

Le gouvernement a aussi décidé l'an dernier d'affecter dès janvier trois personnes au quartier général de la "Combined Joint Special Operations Task Force" (CJSOTF) de l'opération française Barkhane installée à Gao, en réponse à la demande de la ministre française des Armées, Florence Parly, qui souhaite la création d'une unité de forces spéciales européennes, déjà baptisée Takuba (sabre en tamachek, la langue touareg).