À Liège, l’ex-procureur général Cédric Visart de Bocarmé, qui est revenu pour La DH sur ses plus grandes affaires, a vu plusieurs affaires politico-financières échouer sur son bureau. Van Cauwenberghe, Daerden et fils, Alain Mathot… Curieusement, ce n’est pas dans ces dossiers qu’il a ressenti le plus de pression. "Il y a eu le dossier D’Onofrio…", annonce-t-il.

L’ex-magistrat fait ici référence aux accusations de blanchiment, faux et usage de faux portées contre l’ex-homme fort du Standard. Finalement, en 2015, celui-ci évite le procès via une transaction avec le parquet général à hauteur de 1 600 000 €.

"C’était un dossier très sensible parce que Lucien D’Onofrio, c’était le Standard. Et le Standard, on ne peut pas le toucher à Liège, se souvient Cédric Visart de Bocarmé. En fait, c’est aussi délicat de toucher au monde économique qu’au monde politique. Si pression il y a, c’est aussi dans ces dossiers-là. Je me souviens d’affaires où on me disait : ‘Écoute, arrête, hein. Ce type, il donne de l’emploi aux gens.’ À la limite, on nous demandait de fermer les yeux. Que ce soient des personnalités du monde économique ou politique, on vous fait comprendre qu’il ne faut pas chercher la petite bête. ‘Ces gens font du bien’, disait-on. Mais cela ne m’a jamais gêné. Cela fait partie du jeu. Si on fait ce métier, il faut savoir supporter les pressions, il ne faut pas aller pleurer non plus. On marche dessus, point barre. C’est ce qu’on attend d’un magistrat. On y va, c’est tout."