Nous avons pu participer à cet exercice réalisé afin que ce système soit lancé dans cinq mois en Belgique

Le web peut aider les enquêteurs

BRUXELLES À l’instar de l’Alerte Enlèvement qui existe depuis quatre ans chez nos voisins français, la Belgique, soutenue par la Commission européenne, lancera de manière opérationnelle dès février 2011 le fameux système Child Alert.

Contrairement au dispositif français, le nôtre ne sera pas déclenché uniquement en cas d’enlèvement mais dès qu’un enfant se trouve ou pourrait se trouver en danger de mort. Et pour que le système soit le plus efficace possible, les différents partenaires impliqués l’ont testé ce mercredi en faisant appel à quelques médias, dont la DH en exclusivité pour la presse écrite, afin de participer à cet exercice purement virtuel.

Le scénario était le suivant : Becky Richens, une petite fille âgée de 12 ans, enlevée tôt dans la matinée à son domicile en Angleterre par un ravisseur qui aurait pris la direction de la France via le tunnel de la Manche. Un complice belge les accompagnerait.

16 h : le véhicule avec lequel se déplacent les kidnappeurs a été aperçu dans une station-service située sur l’autoroute A8 à hauteur de Tournai en direction de Bruxelles. Il s’agit d’une Seat Ibiza de couleur noire immatriculée…

18 h 25 : la cellule disparition de la police fédérale, Child Focus et le parquet fédéral lancent Child Alert en Belgique. La DH est immédiatement appelée à collaborer avec les autorités pour diffuser l’alerte auprès du plus large public possible.

Dans les trois minutes qui suivent, la une de notre site internet est modifiée. Un flash info est envoyé à notre base de données comprenant pas moins de 100.000 personnes. L’alerte apparaît clairement en évidence pour nos nombreux internautes. Un changement fictif, rappelons-le, puisqu’il s’agit ici d’un exercice.

La ligne d’urgence est accessible. Les témoignages parviennent aux enquêteurs.

20 h : Becky Richens est localisée grâce à l’appel d’un témoin crucial, le gérant d’un hôtel situé sur le ring de Bruxelles. Ce dernier, qui a reconnu la jeune fille grâce à Child Alert, affirme qu’elle se trouve dans son établissement avec ses ravisseurs. La police nous demande dès lors de retirer l’alerte.

20 h 30 : les policiers maîtrisent les suspects et libèrent la jeune fille.

L’exercice a démontré que des problèmes techniques ont retardé le lancement de l’alerte. Mais c’était justement le but : définir toutes les éventuelles failles afin d’être prêts pour un futur véritable déclenchement…


© La Dernière Heure 2010