Vendredi soir, un court-circuit d’Ores provoquait une grande panne d’électricité à Braine-le-Comte. Mais ce n’est que le lendemain qu’on a pu mesurer à quel point la commune de la région du Centre avait plongé dans le noir.

Ce soir-là, en effet, des inconnus ont marqué un mur de l’École Normale d’inscriptions qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. "Arbeit macht frei" trônait au-dessus de l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz. On retrouve le sinistre slogan sur le mur d’une école primaire, près de 76 ans plus tard, à Braine-le-Comte.

De quoi plomber l’ambiance alors que les classes maternelles et primaires de l’École Normale organisaient leur traditionnelle fête de printemps samedi et que Braine célébrait son carnaval dimanche.

La direction de l’école est particulièrement choquée, d’autant que ce n’est pas la première fois que ça arrive. "Nous avions déjà eu les mêmes inscriptions il y a deux ans", regrette Guy De Smet, directeur de l’école. "Les tagueurs de vendredi sont d’ailleurs repassés sur les traces restées sur le mur. Ça me choque personnellement. Toute mon enfance, j’ai baigné dans les histoires de la résistance. Mon beau-père a été prisonnier au camp de Buchenwald durant la guerre. Jusqu’à sa mort, il se réveillait souvent durant la nuit en hurlant. Je suis également choqué en tant que directeur. Chaque année, les élèves de 5e et 6e visitent le Breendonk Memorial. L’année passée, nous avions monté une exposition sur la Deuxième Guerre mondiale avec une conférence d’un rescapé d’Auschwitz. Je ne comprends pas comment l’on peut laisser de telles inscriptions. Ça ne peut pas être un jeune de l’école."

Une plainte a été déposée auprès de la police Haute-Senne où l’on indique que les chances d’attraper les vandales sont minces. Les nazillons tagueurs d’il y a deux ans, peut-être les mêmes que ce week-end, courent toujours.

Le bourgmestre de Braine, lui, est consterné. "Je suis indigné et je me pose des questions sur ce qui peut passer dans la tête des personnes qui font ça", déplore Maxime Daye.

Plutôt que de tenter une nouvelle fois d’effacer les inscriptions en laissant d’éternelles traces sur le mur, l’école envisage de réaliser une fresque avec les élèves dans le cadre d’un projet pédagogique. De quoi faire valser aux oubliettes ce mur de la honte.