Bien qu’ayant évoqué 25 ans de violence conjugale, elle a été condamnée pour avoir tué son mari. Une pétition est lancée afin qu’elle bénéficie du bracelet électronique.

Si le contexte n’était pas aussi dramatique, on rirait de ce rebondissement.

Mireille De Lauw s’est bien présentée ce lundi à 15 h à la prison de Berkendael pour y être incarcérée. Mais elle n’a pas pu entrer.

En cause : il manquait, sur son billet d’écrou retiré au commissariat de Jette, la date de l’enlèvement. Ce mardi, Mireille De Lauw devra retourner au commissariat quémander une date pour, dans la foulée, se représenter à la prison et pouvoir prester sa peine.

Cet épisode ne doit toutefois pas occulter le fond de ce dossier ultra-délicat.

Pour le meurtre de son mari en août 2013, perpétré à coups de couteau, cette mère de famille de 44 ans a été condamnée, en février 2017, à huit ans de prison.

"E lle avait expliqué avoir tué son mari car il était extrêmement violent et qu’elle craignait pour sa vie et le bien-être de ses enfants" , décrit Betty Batoul, de l’association de soutien aux victimes "Succès", qui vient de lancer une pétition "Il faut sauver Mireille" . "Je lance un appel à la mobilisation. Mireille va être incarcérée. Non seulement elle ne présente aucun danger pour la société mais en plus, elle est malade et doit recevoir des soins. De plus, sa fille de 20 ans vit avec elle et est toujours aux études."

Lors du procès, la légitime défense n’a pas pu être retenue bien que Mireille ait évoqué ses vingt-cinq années de violence conjugale. Par peur des représailles, Mireille De Lauw n’avait, il est vrai, jamais déposé de plainte.

Les demandes de grâce introduites par Betty Batoul femme de paix, et par les avocats de la condamnée n’ont pas abouti.

Le 12 de ce mois, Mireille était dès lors convoquée par le commissariat pour enlever son billet d’écrou. "Aujourd’hui, nous demandons que cette femme purge sa peine avec un bracelet électronique car sa place n’est pas en prison" , poursuit Betty Batoul.

En attendant une éventuelle issue favorable, Mireille De Lauw s’est donc présentée ce lundi à Berkendael. La femme était en pleurs.

"Je suis désespérée. Entre ma condamnation et mon incarcération, j’ai dû attendre trois ans, durant lesquels j’étais libre mais, dans ma tête, je ne l’étais pas. J’ai peur pour ma fille qui va rester seule. Elle devra se débrouiller. Laisser tomber son enfant, c’est ce qu’il y a de plus pesant. Je ne suis pas dangereuse. Je ne suis pas méchante. Je voudrais aujourd’hui obtenir une chance de pouvoir me reconstruire."

Ce lundi, la pétition rassemblait 2 500 signataires : "Il faudrait atteindre les 25 000" , déclare Betty Batoul.

Si on tient compte de la détention provisoire et de la libération conditionnelle au tiers de la peine, Mireille De Lauw pourrait sortir de prison dans 28 mois.

>>> Retrouvez la pétition "Il faut sauver Mireille" sur https://secure.avaaz.org