La peine est à la mesure de l'atrocité de faits : Gabriel Carvajal, un ressortissant belge d'une trentaine d'années, a été condamné mercredi soir par le tribunal de Valence à deux fois 25 ans de prison, avec une incarcération maximale de 40 ans. Sa compagne espagnole, Maria Gombau, co-autrice mais considérée comme irresponsable de ses actes aux moments des faits, échappe à la prison mais a été condamnée à l'internement en institution psychiatrique durant deux fois 25 ans, là aussi avec un maximum de 40 ans.

Gabriel et Maria ont été reconnus coupables de l'assassinat de leurs deux enfants, Amiel (3,5 ans) et Ixchel (6 mois). Un crime commis dans la nuit du 13 au 14 mars 2019 dans une villa squattée à Godella, un petit village situé à une dizaine de kilomètres au nord de Valence, en Espagne. La nuit des faits, la guardia civil avait été alertée par un voisin qui avait entendu des cris angoissants d’enfants en provenance de la propriété sur laquelle l’inscription “Vous allez tous mourir” avait été inscrite à l’encre rouge.

Arrivés sur place, les enquêteurs avaient rapidement interpellé leur père, Gabriel Salvador Carvajal. Les deux enfants et leur mère espagnole, étaient introuvables. Dans la matinée, Maria Gombau Mesua, hystérique, avait été retrouvée, tentant de se cacher, totalement nue, dans un tonneau en plastique.

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Ce n'est que quelques heures plus tard, après des recherches ayant mobilisé une centaine de policiers, que les corps des deux jeunes victimes avaient été retrouvés, le crâne fracassé et le corps perclus d'ecchymoses.

Très vite, l'implication de la mère dans ce crime avait pu être établie avec certitude. Mais sa responsabilité mentale avait tout aussi vite été remise en question. Quatre expertises psychiatriques ont déterminé que la mère se trouvait en pleine crise de démence au moment de tuer ses enfants. Des expertises qui ont une conséquence sur le sort de la jeune femme. Reconnue coupable de l'assassinat, elle a aussi été reconnue comme irresponsable de ses actes au moment des faits. Ce qui lui permettra d'échapper à la prison et de passer les quarante prochaines années de sa vie en institution psychiatrique.

Au cours de l'enquête et du procès, on a appris que les prévenus étaient tellement persuadés de l'existence d'une secte qui en voulait à leurs enfants, qu'ils organisaient des gardes de nuit pour éviter de voir leurs enfants être enlevés.

Le couple s'est alors tourné vers les croyances maya, que Gabriel avait inculquées à sa compagne. Et les deux parents ont estimé que le seul moyen de protéger leurs enfants était de les laver pour "purifier leurs âmes" avant de mettre fin à leurs vies en les rouant de coups pour qu'ils puissent ensuite "se réincarner" dans un monde meilleur. 

Tout l'enjeu du procès qui s'est tenu au début du mois était de déterminer si le père, originaire de Bruxelles, avait lui aussi porté des coups. Auditionné, il avait maintenu avoir fumé deux joints vers 22h avant d'aller se coucher, n'ayant aucune connaissance de ce qui allait se tramer. Le tribunal ne l'a pas cru et estime qu'il a participé activement à l'assassinat de ses deux enfants.

Après l'annonce de la sentence, la défense de Gabriel a annoncé qu'elle interjetterait appel.