De nombreux consommateurs de cannabis cultivent désormais à domicile par économie et par sécurité !

BRUXELLES Les Belges ont de plus en plus la main verte. La multiplication des potagers ici et là ne se dément pas. Mais basilic, persil, estragon et autres herbes aromatiques ne sont pas les seules à avoir la cote.

L’herbe, non pas celle qui pousse dans votre jardin, mais celle qui se fume, fleurit aussi de plus en plus à domicile. La cannabiculture fait fureur chez les consommateurs de cette drogue douce qui, jadis, se procuraient uniquement du cannabis en provenance d’Afrique du Nord, des Pays-Bas,…

Désormais, l’herbe made in Belgique concurrence fortement ces importations. Preuves en sont les saisies de plantation de cannabis effectuées par la police ces trois dernières années. 466 découvertes en 2007, contre 666 en 2008 et 738 en 2009, soit plus de deux cultures de cannabis découvertes par jour. “On constate effectivement une augmentation de la culture de cannabis en Belgique”, précise la police fédérale qui, sur les 738 plantations découvertes l’an dernier, en comptait 212 destinées à la production de massae et 526 de type artisanal, de petite taille.

De petites plantations, souvent à usage personnel, pour lesquelles les consommateurs se fournissent en matériel dans ce qu’on appelle les growshops. Ces magasins spécialisés en système adapté à la culture de cannabis fleurissent un peu partout aux quatre coins du pays.

Le patron d’une de ces boutiques qui ne connaît pas la crise voit défiler devant son comptoir des cannabiculteurs en herbe de tous les profils. “Il y a des jeunes, beaucoup de jeunes, mais aussi des pères de famille, des cadres, des policiers, des femmes, des personnes malades, des cancéreux, des mamies de 80 ans. Il y a ceux qui consomment du cannabis pour le plaisir mais il y a aussi tous ceux qui l’utilisent comme antidouleur pour soulager leurs souffrances physiques.”

Et si ces consommateurs sont de plus en plus nombreux à préférer cultiver leur herbe chez eux, c’est par souci d’économie mais de sécurité aussi. “La qualité du cannabis importé s’est considérablement détériorée. C’est une catastrophe. La résine et l’herbe sont coupées avec plusieurs produits chimiques, c’est très néfaste pour la santé. Les dealers sont prêts à tout pour vendre des quantités moindres au même prix. Ils trichent de plus en plus. Les consommateurs sont également confrontés à des dealers de plus en plus dangereux. Se promener dans les mauvais quartiers à la recherche de quelques grammes de cannabis vous expose à de nombreux risques. Vous ne savez pas sur qui vous tombez. C’est donc aussi par sécurité que de plus en plus de consommateurs préfèrent cultiver chez eux.”

Le patron de ce growshop ne vend que le matériel nécessaire aux plantations. Les graines elles, sont interdites de vente en Belgique. Et là, les consommateurs se tournent vers le Net, où il suffit d’un clic pour s’en procurer par colis de l’étranger.



© La Dernière Heure 2010