Des conditions extrêmes, un état proche de l'épuisement et une température avoisinant les 47 degrés Celsius ont malheureusement eu raison du motard belge Eric Palante jeudi dernier lors de l'étape du Dakar qui ralliait Chilecito à San Miguel de Tucumán en Argentine. "Il se serait arrêté pour se reposer mais la température l'a hélas tué" précise un communiqué transmis par le service presse de ce féru de moto.

Et selon l'autopsie pratiquée sur notre compatriote, c'est un hyperthermie intense qui est à l'origine de son décès.

Mais qu'est-ce que l'hyperthermie intense ? "C'est une pathologie causée par un mécanisme de régulation de la température qui ne fonctionne plus explique François Croquet, dermatologue à DH.Be. La température normale de notre corps est d'environ 36,5. La température peut baisser dans certaines conditions, ce qui donne une hypothermie. Dans le cas qui nous intéresse, le principal mécanisme, c'est la sudation. En transpirant, de l'eau se met sur la peau. L'eau en s'évaporant refroidit la peau et donc le corps."

"Cette pathologie est typique de certaines catégories de métiers comme les pompiers et les sportifs qui fournissent un effort longue durée ou portent des combinaisons de protection précise Eric Marion, médecin urgentiste aux cliniques universitaires Saint-Luc. L'hyperthermie sévère se développe lorsque l'équipement de protection ne permet plus suffisamment l'élimination de la chaleur. Elle entraîne la mort dans 50 à 80% des cas."

Il est à noter que la fièvre est également un état d'hyperthermie, mais contrairement à l'hyperthermie intense, la fièvre est elle un mécanisme de défense. "Quand nous souffrons de fièvre, on monte très vite dans des températures létales. Une fièvre à 40 degrés, c'est encore supportable continue François Croquet. Par contre, quand on approche les 41-42, le pronostic vital est engagé. Au-dessus de 42, il y a peu de chance de survie. Mais une fièvre normale ne monte pas aussi haut. La fièvre est un mécanisme de défense et vous pensez bien qu'elle ne se met pas en route dans le but de nous tuer."

Autre son de cloche

En dépit des versions officielles, la mort d'Eric Palante suscite également bien des interrogations du côté des participants, dont certains n'hésitent pas à pointer du doigt l'organisation.

Pour rappel, le corps sans vie du motard a été retrouvé vendredi vers 8h30, après son départ de la spéciale 5 vers 7h30 la veille. Après 3h36 de course, il était aperçu au Way Point 3, vers le kilomètre 143. Il aura encore parcouru une dizaine de kilomètres avant de s'arrêter net. Or, depuis quelques années, les véhicules du Dakar sont tous équipés d'un système "iritrack" de géolocalisation.

En cas d'halte soudaine, une alarme se déclenche au centre de commande où l'on tente d'établir une liaison radio avec ledit pilote en potentielle difficulté. Sans réponse de sa part, les secours sont envoyés sur place immédiatement. Que ce soit au PC du Dakar ou à Paris dans les bureaux de l'ASO, on est en principe des plus attentifs aux voitures, camions ou motos immobiles...

Malheureusement pour Palante, son cas n'a alerté personne...