Le jeune homme de 18 ans est décédé mardi dernier d’une infection pulmonaire.

Du jour au lendemain, la vie de Raphaël Pauwaert et de sa famille est devenue un cauchemar. Plusieurs médias ont relayé ce jeudi dans leurs colonnes l’histoire de ce jeune homme de 18 ans, décédé d’une infection pulmonaire le 6 novembre dernier. Une infection aussi brutale qu’inattendue pour un garçon qui n’avait aucun problème de santé.

Alors qu’il était placé dans un coma artificiel pendant plusieurs semaines, les médecins des cliniques Saint-Luc ont tout fait pour trouver la cause de ce mal. Avec des suspicions qui revenaient toujours au même point : sa cigarette électronique. Mais comment une vapoteuse aurait-elle pu causer de tels dégâts ? "On ne peut pas poser de diagnostic clair, mais par l’élimination de toute une série de maladies et infections et en analysant toute la littérature scientifique sur la toxicité de composants présents dans certaines huiles, il y a de fortes suspicions que la cigarette électronique ait provoqué le décès", analyse le professeur Luc-Marie Jacquet, directeur du service des soins intensifs des cliniques Saint-Luc.

Reste que le décès de Raphaël laisse une famille sous le choc, à commencer par son papa, Thierry. "Je me base sur les analyses du professeur Jacquet pour témoigner, et je ne me prétends pas spécialiste, indique-t-il. Mais j’ai perdu un fils et je ne voudrais pas que cela arrive à quelqu’un d’autre. C’est pourquoi je veux raconter son histoire et mettre en garde tout le monde quant à l’utilisation de certains produits. Aujourd’hui, on ne sait pas ce qui est dangereux ou pas mais il y a déjà eu beaucoup de cas aux États-Unis, par exemple."

© BAUWERAERTS DIDIER

En effet, outre-Atlantique, le sujet fait aussi débat avec de nombreux cas recensés, dont plusieurs mortels. "On compte environ 500 cas aux États-Unis et tous ont des dérivés de cannabis mais aussi des traces de vitamines E dans certaines huiles utilisées, note le professeur Jacquet. En Belgique, il n’y a pas encore d’études sur le sujet et on compte environ 1 200 produits différents sur le marché. On ne peut pas dire que la cigarette électronique est un danger en soi, mais plutôt certaines substances qu’on peut y mettre."

L’expert appelle donc à la prudence par rapport aux produits contenants du cannabis ou des substances dérivéss. Dans le cas de Raphaël, cela reste flou étant donné qu’il a consommé du CBD (du cannabis contentant moins de 0,2 % de THC, la substance hallucinogène du cannabis, NdlR). "Il en a fumé une seule fois en septembre et ses problèmes respiratoires ont commencé le 30 septembre, se rappelle son père. Il a été placé en coma artificiel le 10 octobre et les médecins ont fait toutes les analyses : biopsie, fibroscopie, analyse des glaires, prise de sang, etc. Ils n’ont rien trouvé comme maladie connue et l’hypothèse la plus probable est que l’infection a un rapport avec sa cigarette électronique et les substances inhalées."

Thierry veut faire le deuil de son fils mais aussi faire bouger les choses. "Il faut arriver à mettre le doigt sur le problème et je me dis qu’il faut en parler pour faire bouger les choses. Il faut que des études soient menées au niveau sanitaire."

Prudence donc avec certains produits, les vapoteuses n’étant pointées du doigt, mais plutôt ce qu’on y met.