Les pêcheurs liégeois attendent désespérément une autorisation du ministre suite à la pollution de la Meuse

VISÉ Le 3 août, la Meuse était victime d'une grave pollution suite à des rejets de la société Chimac-Agriphar. Des dizaines de milliers de poissons sont morts. Riverains et pêcheurs avaient été profondément touchés par cette catastrophe.

Presque un mois après, les pêcheurs de la Basse-Meuse sont toujours privés de leur activité favorite. "Ils deviennent très impatients et me téléphonent régulièrement afin de savoir s'ils pourront encore pêcher cette fin d'été", explique Christian Lamury, président de la fédération des pêcheurs à la ligne de la Basse-Meuse. "Nous entamons la quatrième semaine d'interdiction et cela commence à faire très long. Les demandes et les pressions deviennent vraiment très importantes. La région liégeoise compte huit mille affiliés dont mille deux cent pour la Basse-Meuse. Beaucoup évoquent avec justesse que les Pays-Bas ont de nouveaux autorisé la pêche depuis bien longtemps, alors que cette dernière est toujours interdite en Basse-Meuse. Pour ma part, j'habite Lanaye. Sur l'autre rive, c'est Eysden. C'est très frustrant de voir des pêcheurs ou des baigneurs alors que nous ne pouvons rien faire."

Afin de résoudre la situation et surtout, d'avoir des informations, Christian Lamury a déjà écrit au ministre en charge de l'Environnement Benoît Lutgen. "Mais à ce jour, je n'ai toujours pas obtenu de réponse de son cabinet. Ce n'est pas normal !"

Dix ans au minimum

Selon Christian Lamury, la pollution a fait d'énormes dégâts qui ne seront pas éliminés dans les semaines à venir. "Je pense qu'il faudra au minimum dix ans pour que tout redevienne normal. Tous les géniteurs sont morts. Même si la société responsable de la pollution envisage de repeupler la Meuse, il faudra attendre des années avant que les alevins n'arrivent à maturité pour se reproduire."

Afin de trouver une solution à ce problème particulièrement dérangeant pour de nombreux pêcheurs, une réunion est programmée avec le gouverneur de la province dans le courant de la semaine prochaine. "J'ai invité un représentant de la société en cause pour mettre tous les éléments sur la table. J'espère que cette réunion portera ses fruits !"



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