Faits divers L’identification du chauffard qui a percuté Jeannine Bombaert est en bonne voie…

"Les nouvelles ne sont pas bonnes : il n’y a plus de réflexes; elle ne sait plus respirer toute seule; les médecins nous ont annoncé que demain (aujourd’hui, NdlR) ça risquait d’être fini. Ce n’est plus un accident, c’est un meurtre", nous a confié hier Fabian Jolly, 50 ans, dont la maman a été percutée et écrasée samedi sur le coup de 17 h 36 en face du Westland Shopping Center d’Anderlecht par un chauffard qui a commis un délit de fuite.

Dans le coma, Jeannine, 71 ans, souffre de nombreuses fractures - cheville, tibia, bassin, clavicule, côtes - mais aussi d’un hématome au cerveau et d’un pneumothorax. "Elle s’était fait toute belle pour venir me donner un coup de main au resto. C’était un ange, la plus chouette des mamans. J’avais juré de la protéger à la mort de papa en 2000, mais je n’ai pas su la protéger. Je m’en voudrai toute ma vie", se désole Fabian Jolly, patron du restaurant dilbeekois J and J.

Le chauffard, qui a pris la fuite, était toujours activement recherché à l’heure d’écrire ces lignes. Si aucun des multiples témoins du drame n’avait réussi à relever sa plaque d’immatriculation, son identification était néanmoins en bonne voie. Et pour cause : une caméra de surveillance - haute définition - a permis de repérer - à hauteur de la place De Linde - sa Mercedes CLS de couleur gris anthracite - voire noire - qui comporte quatre portes et est endommagée suite à l’accident au niveau du flanc, côté passager.

Quant au profil du suspect, le parquet de Bruxelles a invité hier "toute personne ayant été témoin de l’accident ou susceptible d’apporter des éléments à l’enquête à prendre contact avec la police locale de la zone Bruxelles Midi." Des témoins oculaires l’ayant déjà décrit comme "un quinquagénaire, voire sexagénaire, qui a une peau de couleur blanche, des cheveux gris, voire blancs relativement courts et porte des lunettes dont la monture est rectangulaire."

Avant de commettre l’irréparable, il avait provoqué un autre conducteur qui ne roulait pas assez vite à son goût dans… les embouteillages. "Il circulait sur la troisième bande du Ring. Il a commencé par faire des appels de phares et coller, pousser le conducteur qui le devançait pour l’obliger à se rabattre. Tout cela alors qu’il y avait des embouteillages et que cela n’aurait strictement rien changé pour lui si l’autre repassait sur la seconde bande", nous a-t-on expliqué sous couvert d’anonymat.

Et d’ajouter : "Lorsqu’il a finalement pu dépasser ce conducteur, le chauffard s’est mis à freiner brusquement devant lui, puis, à accélérer pour le narguer. Les deux véhicules sont sortis à hauteur d’Anderlecht et se sont retrouvés côte à côte à un feu de signalisation. Il y a eu un échange verbal assez vif alors que le feu était au vert. Le chauffard a redémarré en trombe au rouge et percuté sa victime. Le conducteur provoqué l’a pris en chasse, mais a rapidement été semé. Le chauffard a pris de nombreuses petites rues. Il semblait bien connaître le coin."

Hors circonstances aggravantes, le chauffard encourt en théorie "une peine de prison de quinze jours à deux ans et une amende de 400 à 5.000 € ou une de ces peines seulement et une déchéance du droit de conduire un véhicule à moteur d’une durée de trois mois au moins et cinq ans au plus ou à titre définitif", comme l’a rappelé hier le parquet de Bruxelles. On ne pourra en tout cas pas déterminer - judiciairement parlant - s’il était ou non sous influence(s) au moment de l’accident autant de temps après.