Des centaines de milliers de photos pédophiles!

Sabine Dorval Publié le - Mis à jour le

Faits divers Découverte d'un trafic d'images : quatre personnes sous les verrous. Un réseau?

NAMUR Tout avait commencé par une dénonciation à Child Focus. Un coup de téléphone anonyme accusait un habitant de Sambreville. Une perquisition confirmait le fait et conduisait les enquêteurs à Erquelinnes chez Jacques Delbouille, 61 ans, marié et père de famille, fossoyeur à la retraite.
Celui-ci avait eu le temps d'évacuer une partie de ses collections mais il en restait suffisamment pour convaincre les enquêteurs qui, dans la foulée, faisaient une autre découverte peu banale : deux petits cercueils blancs qui faisaient craindre le pire mais qui ne contenaient finalement que les restes de deux chiens.
M. Delbouille aurait des croyances particulières qui l'amènent à certains comportements originaux. Il est cependant apprécié par son voisinage et donne des consultations juridiques. Il a été condamné un jour pour rébellion, après avoir pointé une arme sur les gendarmes. Cette fois, il les avait accueillis un sabre à la main.
Des perquisitions ont encore eu lieu, à Gembloux et à Bruxelles, chez les deux autres personnes arrêtées. L'une d'elles est Michel Decré, 50 ans, qui avait été condamné à 7 ans de prison dans l'affaire du Cries (voir ci-dessous).
Au total, on a saisi plusieurs centaines de milliers d'images pédophiles sur divers supports (photographies, CD-Rom, cassettes vidéo). Un volume de 15 m3!
Ces documents mettent en scène des enfants, posant seuls ou avec des adultes. Certains sont très hard.
Il faudra s'assurer que les photos Polaroïd ne sont bien que des photos de photos et n'ont pas été prises directement par les inculpés eux-mêmes.
Il faudra aussi détecter toutes les images pédopornographiques figurant sur les cassettes, parfois de façon subliminale, parfois à la fin d'un documentaire ou d'un film. Sept enquêteurs s'y consacrent.
Le procureur du Roi Visart de Bocarmé et son substitut, M. Macq, considèrent qu'il s'agit d'un réseau, fonctionnant de façon très organisée et dont on n'a peut-être pas encore pris toute la mesure.
D'autres perquisitions vont suivre. En effet, certaines ramifications restent encore à explorer. Mais à ce stade-ci de l'enquête, on ne peut parler que de pédophilie passive, d'un trafic d'images que punit la loi sur la détention et la distribution de ce type de matériel.
Pour M. Visart, les quatre personnes sous mandat d'arrêt sont cependant des pédophiles invétérés. Le parquet a fait appel de leur libération par la chambre du conseil.
Sabine Dorval