La vidéo de surveillance d’un dirigeant belge du nucléaire a été retrouvée chez Mohamed Bakkali, inculpé dans les attentats de Paris.

Nos révélations d’hier sur la surveillance par caméra d’un haut dirigeant du secteur nucléaire belge par les membres du groupe terroriste à l’origine des attentats de Paris ont été confirmées mercredi par le parquet fédéral (plus d'infos ici).

La vidéo avait été retrouvée au domicile de la conjointe d’un des inculpés dans l’enquête sur les attentats de Paris, Mohamed Bakkali.

Cette vidéo a été retrouvée le 30 novembre dernier, soit deux semaines après les attentats, lors d’une perquisition chez la femme de Bakkali. Le matériel informatique a été découvert dans les affaires du suspect.

Suite aux révélations de la DH, nous avons contacté le cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) pour savoir si la sécurité de nos centrales, potentielles cibles d’attentats, allait être renforcée.

Et la réponse est inchangée par rapport à celle que le ministre avait formulée au parlementaire écolo Jean Marc Nollet. "Nous avons dit que la protection de certains endroits par des militaires requérait le niveau 3 de la menace. Le niveau 3 actuellement défini par l’Ocam concerne les grandes manifestations et les concentrations de personnes. Rien n’indique une menace spécifique sur les centrales nucléaires, ni à Doel, ni à Tihange. C’est pour cette raison que nous n’y prévoyons pas de support militaire", explique le ministre Jambon.

Pour Jean-Marc Nollet, cette politique inchangée est assez inquiétante. "Monsieur Jambon, qui agit dans tous les sens quand il s’agit de Molenbeek, où il est prêt à aller perquisitionner lui-même dans les maisons, est étonnamment inactif quand il s’agit des centrales. Avoir de telles informations, en plus de ce qui s’est passé en août 2014 à Doel 4 et ne pas agir, ce n’est pas compréhensible", s’indigne le député écolo.

Ces éléments révélés en exclusivité par la DH étaient, selon le cabinet du ministre, déjà pris en compte par l’Ocam dans l’évaluation de la menace autour de nos centrales. Il n’est donc pas nécessaire de renforcer les dispositifs de sécurité.

Le parquet fédéral et l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) demandent en outre avec insistance de ne pas communiquer le nom de la personne ou de l’installation visée, dans le cadre des révélations relatives aux terroristes qui ont espionné un haut représentant du secteur nucléaire. Voici pourquoi nous ne pouvons apporter plus de précisions à ce niveau.


Les risques nucléaires sont minimisés, pour Jean-Marc Nollet

Les menaces d’attentat ne sont pas inquiétantes, selon l’Ocam. Ce ne seraient même pas des menaces, peut-on entendre.

Mais outre le volet sabotage humain, nos centrales vétustes inquiètent de plus en plus alors que pour les gestionnaires de celles-ci, il n’y a pas de problème. "Cette minimisation, on la rencontre dans tout le dossier nucléaire, lance Jean-Marc Nollet, fort attaché à cette question depuis de longues années. Que ce soit le problème des fissures dans les réacteurs ou que l’Agence internationale de l’énergie atomique ne soit pas venue avant qu’on décide de prolonger les centrales de Doel 1 et 2, ou même la multiplication des incidents ces derniers mois. Chaque fois, c’est minimisé."

Aujourd’hui évidemment, les récentes informations font grand bruit et réactivent les craintes.

Pourtant, dans ce dossier la tendance est toujours à la minimisation. "Je ne comprends pas, surtout que ce n’est pas dans les habitudes de monsieur Jambon. Ça, il faut lui laisser", comment le député.

Avant d’ajouter : "J’ose espérer que ce n’est pas parce qu’ils sont en faveur du nucléaire, par choix idéologique, qu’ils sous-évaluent les risques."