Des mèches explosives

Emmanuelle Praet Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Elles ont été découvertes lors des perquisitions chez les ex-CCC

BRUXELLES La sanction est tombée mercredi tout au long de la soirée et de la nuit : Bertrand Sassoye, ex-CCC, Wahoub Fayoumi, journaliste à la RTBF (suspendue depuis hier), Constant Hormans (ex de la bande Habran) et Abdellah Ibrahim Abdellah (qui se dit un agent des services secrets libanais) ont été placés sous mandat d'arrêt pour participation aux activités d'un groupe terroriste.

Quelques heures plus tôt, Pierre Carette avait lui aussi pris le chemin de la prison mais dans le cadre d'un dossier relatif au non-respect des conditions de la libération conditionnelle.

Concrètement, que reproche-t-on aux quatre suspects ? Bien que le parquet fédéral reste très discret sur le fond du dossier, des éléments découverts tout au long d'une enquête menée pendant plus d'un an et demi ne laissent aucun doute sur les intentions du quatuor : la préparation d'attentats en Italie.

Tout démarre en effet là-bas. En février 2007, 15 membres du PCPM, dans la mouvance des Brigades Rouges, sont interpellés. Les cibles de ce groupe d'extrême gauche étaient prédéfinies : la maison de Silvio Berlusconi, le siège de son groupe de télévision et le siège du groupe pétrolier ENI... Lors de l'enquête, les policiers italiens ont découvert que des activistes belges étaient en contact régulier avec le groupe. Le volet belge a démarré. Pendant plus d'un an et demi, les policiers de la cellule terrorisme ont enquêté sur les quatre suspects interpellés mercredi. Toutes les méthodes d'investigation ont été utilisées. Toutes ont mené à une évidence : il fallait agir vite. "Le groupe était déjà constitué et actif."

Dix mandats de perquisition ont été délivrés par la juge d'instruction bruxelloise. Bertrand Sassoye, Pierre Carette et Wahoub Fayoumi ont été les premières personnes à être interpellées dans la matinée. Constant Hormans a été arrêté dans l'après-midi. Abdellah Ibrahim Abdellah, se sachant recherché, s'est rendu directement chez son avocat.

Au terme d'interrogatoires interminables qui ont duré toute la nuit, tous les suspects ont été placés sous mandat.

Que disent-ils ? Rien. Enfin, rien qui puisse intéresser les enquêteurs puisqu'ils nient tous farouchement les faits. "Et même les évidences quand on les leur met sous les yeux", nous explique une source proche de l'enquête. "C'est la stratégie typique des terroristes. Nier, nier et encore nier. C'est eux qui ont raison. La justice, la société ont tort ." Selon nos renseignements, les mandats d'arrêt ont vraisemblablement été délivrés faute de collaboration ou d'explication des évidences.

Qu'a-t-on trouvé lors des perquisitions ? Plusieurs mètres cubes ont été saisis lors des dix perquisitions. Documents papier, ordinateurs, photos et du matériel pyrotechnique, nous confirmait-on hier. Mais encore ? "Il s'agit de mèches explosives."

Des attentats étaient-ils prévus en Belgique ? Oui et non... "Pour ces activistes d'extrême gauche, il n'existe pas de frontières, pas de pays."



© La Dernière Heure 2008
Emmanuelle Praet

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