Des migrants en centres fermés témoignent de violence de la part de policiers lors de tentatives d'expulsion forcée.

"Six policiers m’ont frappé très fort, sur tout le corps, sur mon visage, mes mains, et mes jambes", rapporte ainsi l'un d'entre eux auprès de la RTBF. Alors qu'il avait épuisé tous les recours légaux afin d'obtenir un permis de séjour, l'Office des étrangers avait ordonné son rappatriement forcé par avion de ligne. Il a opposé une résistance au moment d'y être ammené. Les passagers étant inquiets, la procédure a été interrompue, avant, selon son témoignage, qu'il ne soit violenté. "De retour dans l’aéroport, certains policiers m’ont aussi frappé, et puis, un policier m’a dit "pourquoi tu ne rentres pas toi, le singe ? 'Si tu fais pareil la prochaine fois, j’ai des plans pour toi' ", explique-t-il à nos confrères, qui ont pu consulter le rapport médical. Ce dernier fait mention de cheveux arrachés, de tuméfaction discrète et d'hématome.

"J’ai été torturé, battue part la police belge", témoigne une autre victime. "4 hommes et une femme, ils m’ont traité comme un animal. Alors que je criais à l’aide, ils m’ont pressé, frappé la bouche. Je ne savais plus respirer. Ils m’ont pressé le nez, la gorge, et ils m’ont mis des doigts dans la gorge".

Des plaintes ont été déposées par ces deux personnes. "Il trouvait cela important pour lui, et pour les autres de dénoncer ce qu’il s’était passé" explique Robin Bronlet, l'avocat de l'un d'entre eux, toujours auprès de la RTBF.  "Il y a une plainte, dans un premier temps, qui a été déposée, au Parquet de Hal-Vilvoorde, qui est compétent pour des faits qui se sont déroulés à Zaventem. Malheureusement, sans réaction du Parquet, il n’y a toujours pas eu d’audition de mon client, après un mois. Donc, on s’est constitué partie civile entre les mains d’un juge d’instruction, à Bruxelles".

Du côté de la police, on insiste sur le fait que ces opérations sous soumises "à des règles strictes" et qu'elles peuvent faire l'objet de contrôle de la part de l'Inspection générale de la police (AIG).