Des policiers samourais

Michaël Kaibeck Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Un art martial japonais à destination des cavaliers pourrait améliorer leur sécurité et celle du citoyen

BRUXELLES Le Yoseikan Bajutsu est un art martial japonais qui se pratique à cheval. Tir à l'arc, maniement du sabre ou du bâton, toute la panoplie du parfait samourai y figure, et en plus, le délégué technique mondial de la discipline est belge. Ancien policier et cavalier émérite, Stany Ledieu a développé un Bajutsu spécial police à destination de nos forces de l'ordre.

Une idée qui pourrait être des plus utiles aux 200 cavaliers de la police et qui a déjà fait ses preuves. En effet, en 1996, le commissaire en chef de la police de Mons, encore communale à l'époque, a fait appel aux services de M. Ledieu pour former ses cavaliers. Depuis la réforme des polices, cette unité a été dissoute mais la pratique du Bajutsu a été bénéfique notamment dans la gestion d'événements importants comme le Doudou.

C'est après les manifestations étudiantes à Liège en 1995 que la police de Mons a décidé de sauter le pas. Tout le monde a encore en mémoire cette image d'un cavalier désarçonné et de son cheval qui s'est fait la belle pendant 12 km dans la Cité ardente après avoir traîné le policier, coincé dans un étrier, pendant quelques mètres.

Le Bajutsu permet d'éviter ce genre d'incident. Concrètement, grâce à différentes techniques, le cavalier peut ainsi monter et descendre de cheval sans les étriers. Mais cet art martial ne renforce pas que les aptitudes de cavalier.

Il offre également des techniques d'esquives du buste ou du corps mais aussi de dégagement du cavalier qui se ferait agripper par un assaillant. Pour ce qui est des contacts, le cavalier pratiquant le Bajutsu, est capable, tout en restant en selle, de porter des clés (de bras ou de tête), d'embarquer une personne, ou même de la menotter. Et tout cela en restant sur le cheval.

Ces gestes sont rendus possible, notamment par l'utilisation d'une sangle reliant les deux étriers sous le ventre du cheval. Cette sangle inspirée de celle utilisée dans le horse-ball permet au cavalier, rien qu'avec la force de ses jambes, de verser sur le flanc du cheval et ainsi de se retrouver à hauteur d'homme.

L'efficacité de ces techniques a été prouvée à la hiérarchie de la police fédérale qui est la seule désormais à disposer de troupes à cheval. Seulement, cela fait un an et demi et aucune décision n'a encore été prise.

© La Dernière Heure 2003

Michaël Kaibeck