Faits divers

Des élèves de l’athénée Émile Bockstael, à Laeken, ont réussi à hacker (pirater) les boîtes mails de plusieurs enseignants de l’établissement, et à se procurer ainsi la liste complète des questions d’examen de fin d’année en juin dernier.

L’affaire concerne "au moins deux professeurs" du secondaire donnant le cours de français dans les classes de cinquième. Les enseignants de Bockstael ont déposé plainte. L’enquête s’est poursuivie, vraisemblablement aidée par la Computer Crime Unit de la police fédérale.

Et mercredi passé, des parents ont eu la (désagréable) surprise de recevoir la visite de policiers. La police a saisi tous les ordinateurs identifiés par leur adresse IP. Les élèves seraient au nombre de six. Et l’athénée Bockstael confirme.

Pour certains parents, les visites domiciliaires avaient débuté à 6 h du matin. Des copies des questions d’examen posées en juin et les corrigés ont aussi été trouvés.

Les élèves sont convoqués par la police mercredi prochain. De même que le hackeur présumé, qui est identifié. Il s’agit, selon l’enquête, d’un élève ou d’un ami d’élève, en tout cas féru d’informatique et âgé de 17 ans, et qui a refilé à ses camarades les questions de français.

Contacté hier matin, l’athénée Bockstael, qui relève de la ville de Bruxelles, dénonce un comportement "inacceptable sur deux plans".

Outre l’aspect "triche", l’athénée considère que le hackeur et la demi-douzaine d’élèves ayant eu accès aux boîtes mails et au courrier privé d’enseignants ont violé leur vie privée. Une victime est une enseignante.

Problème supplémentaire aux yeux de la direction : ces enseignants qui donnaient cours l’an passé aux classes de cinquième ont retrouvé en septembre les élèves qui sont maintenant en rhéto. Ils donnent cours depuis deux mois à des élèves suspects d’avoir lu du courrier privé. Et c’est une situation difficile à gérer, ne cachait pas hier la direction de cet établissement bruxellois.

L’athénée Émile Bockstael dit "comprendre parfaitement" et "soutenir" les enseignants qui ont déposé plainte à la police. "Nous suspectons un certain nombre d’élèves identifiés. Pour l’instant, l’enquête est en cours. Tant que nous n’avons pas accès au dossier et que nous en ignorons les résultats, nous sommes tenus à respecter la présomption d’innocence qui nous empêche de prendre la moindre mesure vis-à-vis de ces élèves concernés. C’est un réel problème."

Les enseignants ont déposé plainte pour faux, fraude informatique et violation de la vie privée.

Quant à l’athénée Bockstael, il nous confie qu’il déposera plainte et se constituera partie civile une fois en possession des résultats de l’enquête.

Dernière complication : certains élèves en cause sont mineurs d’âge, et d’autres pas.

Nous avons aussi pu contacter plusieurs parents d’élèves. L’un d’eux, sur les conseils d’un avocat, a tenu à présenter ses excuses aux enseignants.

Les questions d’examen se trouvaient dans les e-mails échangés entre les enseignants donnant les mêmes cours dans les classes de même niveau.

Les élèves suspects ont entre 17 et 20 ans. L’enquête se poursuit. Sachant qu’ils sont identifiés, des élèves ne se rendent pour l’instant plus à l’athénée.