Après la violente agression des cinq policiers à Molenbeek, lundi matin, il nous revient qu’une autre agression a été commise à l’encontre de policiers lors de la journée sans voiture, dimanche dernier. Dans une vidéo, l’on voit deux policiers occupés à arrêter un jeune au niveau de la chaussée d’Anvers, à Bruxelles-Ville. Tout d’un coup, une petite dizaine de jeunes entourent les policiers et les assènent de coups. Les deux policiers parviendront toutefois à maîtriser le jeune initialement arrêté et à repousser les assauts de leurs agresseurs.

Cette énième agression à l’encontre de policiers a été transmise au parquet de Bruxelles. "Le 19 septembre, une patrouille de police a tenté de contrôler les passagers d’une moto qui ne portaient pas de casque. Ceux-ci ont refusé de se soumettre aux injonctions de la police et ont pris la fuite. Suite à la course-poursuite, la moto est tombée et les deux individus ont pris la fuite à pied. L’un d’entre eux a pu être intercepté. Des passants s’en sont alors pris aux policiers intervenants. Aucun policier n’a été blessé", explique le parquet de Bruxelles.

Selon les chiffres de la police fédérale, quelque 793 P.-V. ont été dressés pour des agressions contre des policiers en 2020, contre 775 en 2019.

Mais dans la réalité, les chiffres sont bien plus élevés, assure Vincent Gille, président de la SLFP. "Toutes les agressions recensées contre des policiers ne sont pas reprises dans les chiffres de la police fédérale. De notre côté, nous avons réalisé une enquête auprès de nos affiliés qui révèle que les rédactions de P.-V. suite à des agressions et les cas d’accidents de travail pour les mêmes raisons sont estimés à 10 000 par an. Nous constatons depuis 2010 une augmentation annuelle de 3 à 4 % des faits de violence contre les policiers. Il y a eu un petit creux durant la période des attentats de Bruxelles et Paris mais depuis lors, cela repart à la hausse", explique Vincent Gille.

En 2020, les principales agressions à l’égard de policiers ont été enregistrées en majorité dans le cadre d’opérations d’intervention (69 % avec 2 143 faits). Suivent, de loin, les agressions commises dans l’espace public (18 %), à l’encontre d’agents de la circulation (15 %) et de quartiers (12 %). 95 % des agresseurs sont des hommes et un peu moins de 50 % des agressions sont commises par des personnes sous influence d’alcool, de drogues ou de médicaments.