La gravité des accidents touchant les piétons double à la suite du passage à l’heure d’hiver.

Le passage à l’heure d’hiver qui intervient ce week-end représente le début d’une période à risque sur les routes belges, surtout pour les usagers faibles que sont les piétons. Voilà en gros le message que veulent faire passer l’IBSR et l’AWSR (Agence wallonne pour la sécurité routière).

D’octobre à novembre, le nombre d’accidents corporels impliquant des piétons augmente de 28 % pendant l’heure de pointe du soir. Le nombre de blessés graves et de tués parmi les piétons croît même de 63 %. Donc, non seulement il y a plus d’accidents, mais ils sont aussi plus graves.

Ainsi, on enregistre 17 piétons tués par 1.000 accidents en octobre, contre 34 par 1.000 accidents après le changement d’heure. La gravité des accidents est multipliée par deux. Il est probable que les vitesses d’impact au moment des accidents soient plus élevées après le changement d’heure en raison des conditions de visibilité moindres, note l’Institut.

Outre les problèmes physiologiques (fatigue, attention…) causés par cette période, la raison principale des accidents et de leur gravité croissante est simplement la luminosité.

En effet, les trajets effectués en temps normal à la lumière du jour lors de l’heure de pointe du soir doivent être parcourus à la tombée du jour ou dans l’obscurité après le changement d’heure.

Autres usagers faibles, même constat. Le changement d’heure pose aussi problème aux cyclistes. Pour les amateurs de vélo, le facteur qui nuit à leur sécurité est moins le changement d’heure que le raccourcissement des jours.

Ainsi, l’IBSR enregistre quasiment six fois plus d’accidents impliquant un cycliste à l’aube et au crépuscule en octobre qu’en mai et juin notamment, alors qu’il y a probablement beaucoup plus de cyclistes sur les routes au printemps qu’en automne.

Le nombre d’accidents impliquant des cyclistes pendant la journée diminue d’ailleurs de 30 % entre juin et octobre.

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Rendez vos enfants visibles à Halloween

Cette période est particulièrement dangereuse pour les piétons, raison pour laquelle, lors de la fête d’Halloween, les parents et conducteurs doivent redoubler de vigilance. Pour les parents des petits monstres, l’important est de rendre votre enfant le plus visible possible, sans forcément gâcher son déguisement. Vous pouvez entre autres vous équiper d’un gilet jaune si vous accompagnez vos bambins.

Pour les automobilistes, attention lors de la sortie de l’allée de garage ! Les enfants peuvent courir sur le trottoir excités par leur quête de friandises. Ralentissez si vous croisez des enfants déguisés. Imprégnés par l’esprit de la fête, ils risquent d’oublier les règles de sécurité et de surgir devant vous.

Le soir du 31 octobre, soyez donc particulièrement vigilants. La visibilité ne sera pas bonne, les enfants seront excités et déguisés, souvent en couleurs sombres.

En Wallonie, un piéton renversé sur quatre se trouvait sur la route.

En 2015, on déplorait sur les routes wallonnes 1.136 accidents impliquant au moins un piéton. Dans ce total peu réjouissant, 36 piétons ont perdu la vie suite à un accident et pour 1.361 marcheurs, ce fut juste une blessure.

Près de 60 % de ces accidents corporels impliquant au moins un piéton ont eu lieu entre la fin octobre et début mars (pour vous faciliter le calcul entre octobre et mars, cela fait 6 mois). La moitié des piétons tués se retrouvent aussi pendant cette période. L’obscurité est bien sûr la raison principale. Pour preuve, un tiers des piétons qui décèdent sur nos routes pendant la période d’octobre à mars le sont lorsqu’il fait noir. Les heures les plus à risques sont comprises entre 16h et 20h. Soit lors des heures de pointe de fin de journée.

Le phénomène peut être presque exclusivement considéré comme urbain. Logiquement, la quasi-totalité des piétons victimes d’un accident se trouvent en agglomération. Par ailleurs, entre 2014 et 2015, seuls 29 % des piétons tués se trouvaient sur un endroit sécurisé (trottoir, piste cyclable séparée ou passage pour piétons). Tous les autres se trouvaient à des endroits peu sûrs : 25 % marchaient sur la chaussée, 20 % traversaient à côté d’un passage pour piétons, 15 % traversaient hors passage mais sans qu’il y en ait un à moins de 30 mètres et 9 % étaient sur la chaussée (travail, jeu ou immobile).