Faits divers

La bactérie E. coli, tout naturellement présente qu’elle soit, est régulièrement la cause de drames comme celui du décès de la petite Aischa. Cela malgré la vigilance de l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Sa porte-parole, Yasmine Ghafir, revient pour nous sur cette bactérie tueuse.

Faut-il craindre une épidémie ?  

"Il s’agit visiblement d’un cas isolé. Nous avons eu des contacts avec les parents mais, vu l’état particulièrement critique de l’enfant, ils n’ont pas pu donner d’informations particulières. Il ne faut certainement pas craindre une épidémie. On continue donc à donner les conseils habituels d’hygiène."  

Comment se développe E. coli ?

"C’est une bactérie classique du tube digestif, présente chez les animaux, aussi chez l’homme. Les E. colis pathogènes sont plus particulières, on les retrouve plus souvent chez les bovins. C’est assez rare mais il n’est pas impossible que, lors du processus d’abattage, il y ait un contact entre l’intestin et la carcasse, d’où une possible contamination de la viande. Évidemment, ce n’est qu’une contamination en surface, dans un très faible pourcentage, de l’ordre d’un pour cent. A priori, lorsque l’on cuit la viande, les bactéries meurent à la cuisson. Si on parle plutôt d’un steak haché, il y a eu mélange. Dans ces cas-là, il est conseillé de cuire la viande à cœur. Ce qui vaut d’ailleurs pour toutes les viandes. Y compris les volailles qui sont peut-être plus contaminées que le bœuf mais par d’autres bactéries qui ont un impact un peu moins problématique sur la santé publique. Comme les salmonelles."

N’est-elle présente que dans la viande ?

"Parmi les épisodes d’intoxication alimentaire, il y a eu des viandes, des légumes quand l’eau d’arrosage est contaminée par exemple, des épisodes dus à du lait cru aussi. Les sources peuvent être diverses. Comme c’est aussi une bactérie potentiellement présente chez l’homme, on ne peut pas exclure une contamination de l’environnement par l’homme lui-même."  

Y a-t-il des catégories de population à risque face à la bactérie ?  

"Les gens qui ont des problèmes de santé, des maladies chroniques, typiquement les groupes les plus sensibles en général, et les enfants."  

En 2011, E. coli faisait trembler l’Europe.  Des mesures ont-elles été prises suite à ce scandale ?  

"La Belgique n’a pas été touchée et aucune problématique à l’échelle belge n’a été mise en évidence. Nous étions les premiers au niveau européen à mettre en place le test pour ces E. coli pathogènes, les O 104 à l’époque - l’Europe conseille de rechercher 5 sérotypes d’E. coli. Chaque année, on continue à rechercher ce sérotype un peu particulier puisqu’il n’avait jamais été retrouvé dans des problèmes alimentaires de grande ampleur. Depuis 2011 donc, nous faisons une tournante sur d’autres denrées alimentaires pour étendre notre système de détection. Jusqu’à présent, nous n’avons plus jamais trouvé cette bactérie."