Faits divers

La police qui prévoit un afflux sur Bruxelles de touristes du sexe provenant du nord de la France quand la loi rendant punissables les clients de prostituées aura été promulguée chez nos voisins fera alors appel à la police nationale française.

Un projet visant le quartier de la rue d’Aerschot est en préparation. Des policiers lillois de la police nationale ont été reçus fin 2013 par la police de la zone Bruxelles-Nord en charge de ce quartier prostitutionnel connu à l’étranger, le plus important de la capitale belge.

Selon le projet, des patrouilles mixtes comprenant des agents français "en tenue et armés" participeront périodiquement sur le terrain avec leurs collègues belges à des opérations de contrôle et de police administrative. L’objectif recherché est d’abord dissuasif : "Canaliser l’énergie débordante de tous ces gens qui pourraient imaginer que tout leur est permis."

Le but sera aussi d’améliorer l’échange de renseignements entre services belges et français car, dit la police, "les gens qui fréquentent le quartier Nord à Bruxelles, ce n’est pas la fine fleur. Bruxelles n’est souvent pour eux qu’un crochet avant de se rendre, avec d’autres objectifs, dans un pays plus au nord, si vous voyez ce que je veux dire."

Du bleu français rue d’Aerschot : des patrouilles mixtes ont déjà participé à une opération à Schaerbeek le mois passé. Et selon un responsable, ce "test de faisabilité s’est avéré concluant. […] Aux réactions de totale surprise des clients français, on pouvait constater que la présence de ces policiers en uniforme français en rue à Bruxelles avait l’effet recherché."

Selon un commissaire, 50 % des arrestations administratives réalisées dans le quartier prostitutionnel "sont des ressortissants français". Que sera-ce quand la loi française prévoyant 1.500 € d’amende pour tout achat de services sexuels fera fuir le client en Belgique ?

Rue d’Aerschot et autour, la police prévoit de renforcer les contrôles pour empêcher les rixes, ports d’armes et détentions de stupéfiants, les dégradations et les incivilités, parkings sauvages, nuisances sonores et excès liés à la boisson. "Il ne faut pas que ces gens se permettent n’importe quoi chez nous; il n’y aura pas d’impunité."

Le protocole fixant les termes de ces patrouilles mixtes est en préparation; il sera signé "dans les semaines qui viennent".