Dans les deux cas,le procureur Bourlet pointe des dysfonctionnements identiques de l’enquête

BRUXELLES Le procureur Michel Bourlet de Neufchâteau est à la retraite depuis deux ans. Il en a profité pour écrire un livre particulièrement intéressant (°) où il dévoile ce que son devoir de réserve lui interdisait de divulguer quand il était en activité, mais qui lui est longtemps resté en travers de la gorge.

Il nous l’a rappelé hier, ce qui le dérange le plus, c’est l’affaire Fourniret parce que, plus encore que dans l’affaire Dutroux, il est certain qu’on pouvait sauver une, voire deux vies de petites filles : “On a supprimé la gendarmerie, mais les rivalités sont restées exactement les mêmes au sein de la police… et de la magistrature. Sans cette scandaleuse rétention d’informations, on aurait sans doute pu éviter l’assassinat de Céline Saison et, certainement, de Mananya Thumpong, les deux dernières victimes de Fourniret. Je l’explique clairement dans mon livre, le juge Connerotte, par exemple, devait rester dans l’ombre alors que, pour Neufchateau, Fourniret devait être arrêté bien avant ses derniers assassinats.”

Pour Michel Bourlet , les perquisitions, dans l’affaire Dutroux, ont été menées en dépit du bon sens. “On a voulu changer les structures, mais ce sont les rivalités, les mentalités, les mesquineries omniprésentes qu’il faut éliminer. Et là, on n’est toujours nulle part.”

Quant aux images divulguées par la télévision hollandaise, elles ne surprennent pas le procureur : “Je n’accuse personne mais toutes les parties ont eu les CD-rom. Je sais que certaines ont été monnayées par des organes de presse. D’ailleurs, on trouve beaucoup de documents sur Internet. Les journalistes hollandais sont venus m’interviewer et m’avaient prévenu de la diffusion mais je n’ai pas eu l’occasion de voir l’émission.”


© La Dernière Heure 2010