Il réaffirme sa thèse d’une organisation polycriminelle

NIVELLES Pourquoi des documents du dossier Dutroux et des photos des corps de Julie et Mélissa se trouvaient-ils archivés à l’archevêché de Malines-Bruxelles ? Ces pièces auraient été envoyées au cardinal Danneels par un journal satirique anglais il y a six ans.

C’est par la télévision que Marc Dutroux a appris que l’on avait découvert des documents de son dossier lors des perquisitions à l’archevêché. Ce fait nouveau ne l’excite pas vraiment : “Je m’en fiche. Je n’ai jamais eu de lien avec le milieu catholique , nous dit-il depuis la prison de Nivelles où il est incarcéré.

Que le dossier Dutroux (qui a beaucoup circulé au moment du procès d’Arlon) se retrouve à l’archevêché, “cela ne m’étonne pas du tout !” , commente Marc Dutroux.

Bien évidemment, sans surprise, cet improbable rebondissement alimente les thèses de réseau avancées par le détenu le plus honni du pays.

“Non, pas une thèse” , nous reprend-il. “Je n’ai pas de convictions, seulement des preuves. J’ai toujours dit qu’il y avait, en Belgique, une organisation polycriminelle qui comprend des pervers, des pédophiles. Et cette organisation recrute dans toutes les sphères. Les connivences, moi, je les repère dans le dossier.”

C’est sûr, plus que jamais, Marc Dutroux campe sur ses positions : “Je n’ai été qu’un pantin dans cette affaire, j’ai été arrêté trop tôt. Le procès d’Arlon a été une immense farce. J’ai été réduit au silence. Je n’avais le droit que de me taire. Et on n’a pas voulu voir la faille dans le moteur. Il y a dans le dossier des tas de pièces qu’on pouvait exploiter. Mais on a tout phagocyté. Je voudrais qu’enfin tout cela explose. Et alors, il n’y aura plus de zones d’ombre.”



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