Faits divers

Alors que le débat autour de sa mise en liberté conditionnelle se déroule au TAP, Marc Dutroux ne se sera plus défendu par Ronny Baudewyn


BRUXELLES Après dix ans, l'avocat Ronny Baudewyn arrête définitivement de défendre Marc Dutroux, a-t-il indiqué lundi soir dans "De Kruitfabriek" sur la chaîne flamande Vier.

Lors de la même émission, l'avocat pénaliste Sven Mary a confirmé que Michel Lelièvre, l'ancien complice de Marc Dutroux, lui avait demandé de défendre ses intérêts quant à l'exécution de sa peine.

En mars, Michel Lelièvre devra en effet comparaître devant le tribunal d'application des peines.

Fallait-il juger Dutroux en prison ?

Le syndicat libéral SLFP-Police a estimé lundi soir que l'audience du Tribunal d'application des peines peut se faire de manière beaucoup plus efficace, plus sécurisée et moins chère à l'intérieur des murs de la prison.

Le SLFP-Police a rappelé qu'il existe un cadre légal qui prévoit explicitement que le Tribunal de l'application des peines peut parfaitement se réunir dans les prisons.

La Loi instaurant des tribunaux de l'application des peines prévoit que "les chambres de l'application des peines peuvent siéger dans tout tribunal de première instance situé dans le ressort de la cour d'appel, ainsi que dans les établissements pénitentiaires".

Pour le SLFP, "on a apparemment choisi de laisser la décision à des théoriciens du droit provoquant dès lors un véritable tapage médiatique dans le palais de Justice de Bruxelles".

Le syndicat pointe encore le fait que le coût de toute cette opération est porté par la police, et par voie de conséquence, par le citoyen.

"Et lorsqu'on sait que partout dans le pays, on supprime des patrouilles policières d'intervention pour cause d'insuffisance de moyens, l'incongruité de ce qui s'est déroulé lundi n'en est que plus flagrante", s'indigne le syndicat.

La décision du TAP tombera le 18 février

L'audience lundi du tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles, qui s'est penché sur la demande de Marc Dutroux à pouvoir bénéficier d'un bracelet électronique, s'est déroulé en parfaite sérénité, a indiqué le premier président du tribunal de première instance de Bruxelles, Luc Hennart, lundi en fin d'après-midi. La décision du TAP sera rendue, en audience publique, et éventuellement en présence de Marc Dutroux, le 18 février prochain, a ajouté M. Hennart. "L'audience a débuté, comme prévu, en début d'après-midi, en présence de l'intéressé, assisté de son conseil", a expliqué Luc Hennart.

"Comme vous le savez, les victimes n'ont pas accès au dossier, mais la présidente du TAP a pris le temps de leur expliquer la manière dont les choses allaient se dérouler. Les juges ont tout d'abord entendu l'intéressé puis son conseil ainsi que les avis du ministère public et du directeur de la prison (de Nivelles, où séjourne actuellement Marc Dutroux, ndlr)", a poursuivi le magistrat.

"Ensuite, hors la présence de Marc Dutroux mais en présence du conseil de celui-ci, les victimes se sont exprimées sur leurs intérêts particuliers liés à une éventuelle libération de l'intéressé. Enfin, la présidente s'est adressée aux victimes, seules, pour leur expliquer la nature de la demande qui a été formulée par le détenu et son conseil", a terminé le président du tribunal.

Une sécurité renforcée

Une meute de journalistes et de photographes étaient amassés devant la porte de la salle, dans le palais de justice de Bruxelles, espérant entrevoir l'arrivée et la sortie de Marc Dutroux. Le président du tribunal a procédé à l'appel du rôle et les avocats se sont présentés à l'audience, après avoir été contrôlés par les agents de sécurité.

La sécurité au palais de justice a par ailleurs été renforcée dans tout le bâtiment à l'occasion de cette audience particulière. Toute personne entrant dans le palais de justice est contrôlée.

De la prison à la "caserne", Dutroux ne dit pas non !

L'avocat de Marc Dutroux a laissé sous entendre que son client ne voulait pas mettre en danger la personne qui aurait éventuellement accepter de l’accueillir à son domicile lors de sa détention sous surveillance électronique.

Marc Dutroux aurait ainsi déclaré qu'il ne désirait plus de surveillance par bracelet électronique. Ce qu'il désire plutôt, c'est un "endroit public comme une caserne", car elles sont nombreuses et beaucoup "ne sont plus occupées".

C'est dans un tel lieux que Dutroux serait visiblement le plus à son aise...

Plus de coiffeur depuis 6 mois

Ce qui a marqué à son arrivée au palais de justice de Bruxelles, c'est l'apparence physique de Marc Dutroux. Il est apparu avec une chevelure très longue, limite entretenue et pas très nette (voir photo)...

Dutroux n'aurait apparemment plus recouru au service d'un coiffeur depuis 6 mois. La raison ? Un retard de paiement qui fait que le coiffeur n'aurait plus voulu se déplacer. Marc Dutroux refuserait en effet de payer un tel service qu'il juge comme un droit !

Ce cas n'est pas rare en prison et les détenus se recoupent alors les cheveux entre eux. Oui mais voilà, Marc Dutroux, lui, ne peut côtoyer personne.

Branle-bas de combat au Palais de Justice de Bruxelles

Très tôt dans la matinée, d’impressionnants escadrons de police sont venus s’embusquer dans et autour du palais de Justice de Bruxelles, en prévision de la comparution de Marc Dutroux devant le Tribunal d’application des peines (Tap). Il s’agit, aux yeux des autorités judiciaires, de prévenir deux risques qui paraissent majeurs.

Le plus important est de faire face à d’éventuels assauts de manifestants qui pourraient aller au-delà de leurs protestations vis-à-vis des nouvelles outrances de l’ennemi public n°1 et essayer de s’en prendre physiquement à lui.

La seconde préoccupation majeure est de contrer un éventuel projet d’évasion de l’assassin de Julie, Mélissa, An et Eefje. De source policière, on indique que ce risque est très mineur mais que, compte tenu de l’évasion spectaculaire de 1998, c’est surtout le risque du ridicule qu’il faut éviter. "Vous imaginez un peu de quoi on aura encore l’air, s’il s’évade à nouveau ?", nous a confié un responsable de la sécurité.

En conséquence, toutes les portes secondaires d’accès au vieux palais de Justice, le bâtiment Poelaert, ont été fermées. La seule manière d’y accéder est de passer par la salle des pas perdus et quiconque veut y entrer, même les magistrats et les avocats, est fouillé et doit passer par les détecteurs de métaux. Deux files sont prévues : l’une pour les professionnels et l’autre pour le public.

Très tôt dans la matinée aussi, les camions de télévision, munis de puissantes antennes, sont venue prendre position place Poelaert.

Manifestation terminée, sans débordement

Vers 14h30, la manifestation prenait fin et aucun débordement n'était à signaler. La police fédérale n'a quant à elle pas eu besoin d'envoyer l'un ou l'autre hélicoptère en repérage. En tout cas aucun n'a été aperçu dans le ciel bruxellois.

L'argent du transfert de Marc Dutroux "aurait pu être mieux employé!"

1 Vous êtes particulièrement énervé Pierre Gourdin !

“Oui, et il y a de quoi. Je viens d’entendre que le transfert de Marc Dutroux à Bruxelles, pour sa comparution devant le tribunal d’application des peines, allait coûter 50.000 euros. Mais il y a une salle qui peut parfaitement convenir au sein de la prison de Nivelles, où M. Dutroux est en cellule pour l’instant !”

2 De l’argent inutilement dépensé, donc…

“Et surtout, qui pourrait servir à payer les médecins et les autres professionnels médicaux ou paramédicaux qui travaillent dans les prisons. Contrairement à ce qui avait été promis, nous attendons toujours d’être rémunérés pour nos prestations des mois d’octobre, de novembre et de décembre 2012. Si l’État peut dépenser 50.000 euros pour ce déplacement de Marc Dutroux, il pourrait aussi les utiliser pour payer une pharmacienne de Nivelles qui fournit les médicaments à la prison. Ce doit être à peu près ce qu’on lui doit…”

3 Ces problèmes de retard de paiement ne sont donc pas encore réglés !

“Non, et c’est inadmissible. Des démissions s’annoncent, les 400 professionnels du secteur médical qui travaillent dans les prisons belges sont excédés. Un petit groupe commence d’ailleurs à s’organiser pour intenter une action en justice.”



© La Dernière Heure 2013