Faits divers

L’ennemi public n°1 a renoncé à demander sa mise en liberté, pour le moment. Mais ce n’est que partie remise ! Il revient dans deux mois

BRUXELLES À tous les étages du palais de Justice de Bruxelles, il se disait hier que l’arrivée fracassante de Marc Dutroux serait un “non-évènement”. Policiers, greffiers, huissiers d’audience, magistrats, avocats et même journalistes étaient sur la même longueur d’onde, de ce point de vue. Mais c’était compter sans les caprices et les fantaisies habituelles de l’ennemi public n°1… Et, une fois de plus, il a fait fort !

Pour assurer sa sécurité une fois qu’il retrouvera l’air libre, croit-il, il exige un lieu public ! Et il n’hésite pas à réclamer une caserne désaffectée. “Il y a tant de casernes qui ne servent plus à rien. Il suffirait de m’en trouver une ! J’ai trouvé quelqu’un qui est prêt à me prendre en charge mais j’ai peur qu’il soit agressé physiquement. Je ne veux pas courir ce risque ! Je veux un lieu public et bien gardé !”, a expliqué le détenu le plus célèbre de Belgique qui n’a jamais manqué de culot.

En fait, l’audience du TAP (Tribunal d’application des peines) s’est déroulée en trois phases, hier.

Compte tenu des risques encourus par l’assassin face à d’éventuels trublions qui auraient pu assaillir le prétoire connu de tous ou presque, il a été décidé qu’il resterait assigné dans une autre salle d’audience réservée habituellement aux détenus qui quémandent une levée du mandat d’arrêt en cours d’instruction.

Par conséquent, le tribunal a commencé à siéger sans lui, mais en présence de toutes les parties, c’est-à-dire des magistrats, de la directrice de la prison de Nivelles, de l’avocat de Dutroux, Me Pierre Deutsch, et des victimes.

Seule la famille d’Eefje Lambrechts et ses avocats étaient présents. En un mot comme en cent, Me Deutsch a indiqué lui-même que les conditions pour ne serait-ce que quelques jours de congé pénitentiaire n’étaient pas réunies. Il a indiqué qu’il reviendrait avec Dutroux en avril prochain devant le même TAP mais “avec un dossier beaucoup plus solide”. Il n’y avait donc pas de débat possible sur une éventuelle levée d’écrous, ne serait-ce de quelques heures.

Cependant, la famille Lambrechts a voulu une confrontation avec l’assassin d’Eefje pour juger de visu de son état d’esprit. Aussi, tous les professionnels de cette audience sont allés le rejoindre dans le prétoire où il était enchaîné. Il a commencé par répéter ce que son avocat venait d’indiquer.

Et, pour commencer, Dutroux s’est mis à geindre à propos de ses conditions de détention. “C’est inhumain, c’est indigne de la Belgique ! Il faut le vivre de l’intérieur pour savoir ce que cela signifie ! Je suis à bout”, a-t-il marmonné. Enfin, il a refusé toute confrontation avec les victimes. “Franchement, je n’en vois pas l’utilité”, a-t-il ajouté, sans desserrer les dents !

Enfin, tout le monde sauf Dutroux a rejoint le prétoire du TAP pour finaliser l’entretien. La juge a fixé la date du 18 février pour prononcer son jugement sans surprise. À noter que cette audience sera publique.

© La Dernière Heure 2013